© Sandrine Silvestre

Pour bon nombre d’entre nous, l’hiver est synonyme de repli sur soi et les siens dans une maison-refuge que l’on souhaite la plus chaleureuse et réconfortante, afin de parer aux températures basses et au manque de luminosité. Corps et esprit nous rappellent combien nous devons ralentir le rythme, telle une mise en jachère, pour sentir la sève petit à petit nous envahir, le moment venu. Et pour cela, nul besoin d’attendre l’équinoxe. Réjouissons-nous des jours qui rallongent et profitons, dès la fin du mois de février, des rayons régénérants pour nous tourner vers l’extérieur.
 

Ouvrons grand les fenêtres, respirons à pleins poumons l’air encore frais de la rosée matinale. Chaussons bottes et petite laine, et partons à l’exploration de notre environnement. Que nous habitions près d’une forêt, à la montagne, au bord de l’eau, à la campagne, ou en centre-ville, célébrons le redoux en sortant de nos pénates.

1,2,3, nous irons au bois

Je suis une fille de la ville, qui a toujours vécu près des bois. Petite, j’ai connu les squares, les toboggans et autres tape-fesses, mais je n’ai jamais été aussi heureuse que dans les sous-bois. Moins la forêt était « domestiquée », autrement dit carrossable, plus cela me plaisait. Les arbres ont un pouvoir captivant de par leur grandeur, leur robustesse, et l’on s’invente facilement des histoires à leur contact. Mes enfants sont également nés en centre-ville, ils en connaissent la pollution, les chaussées déformées où faire du vélo relève de la discipline olympique, et s’ils appréhendent ce terrain de jeu de la manière la plus naturelle qui soit, ils découvrent des plaisirs plus « primaires » dans la forêt : sentir l’humus, observer le vol d’un oiseau, tenter d’en identifier l’espèce par son cri, reconnaître les essences d’arbres par leur feuillage, leurs bourgeons. Savoir regarder où l’on pose ses pieds, ne pas écraser les insectes rampants, avancer à pas feutrés en direction d’un chevreuil, d’un cerf et en savourer le moment.

Cerisiers en fleurs

Je ne suis jamais allée au Japon. Je ne peux donc pas témoigner de l’importance que revêt l’apparition des boutons floraux dans cette culture ancestrale, mais je peux ressentir l’émotion qui en découle, en puisant dans mes souvenirs d’enfant, dans le jardin familial. Pour être honnête, je ne m’en extasiais pas autant, à l’époque. Ce qui m’importait, c’était que le vent et la pluie ne ruinent pas la future récolte de cerises, à la peau charnue et juteuse ! J’en apprécie toujours le goût mais, avec l’âge, mon plaisir n’en est que décuplé à la vue de ces fleurs. Et lorsque cerisiers, cognassiers, pommiers, pruniers (pour n’en citer que quelques-uns) sont réunis dans un arboretum, mon émoi est à son comble à l’approche du printemps.

« C’est le printemps, v’la le beau […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.