© Camille Masset Stiegler
HP (haut potentiel), surdoué, précoce, zèbre, HQI ou THQI (haut quotien intellectuel ou très haut quotient intellectuel), des termes qui désignent tous ceux que les Américains disent « gifted » (qui ont reçu le don de la douance). On peut entendre et lire beaucoup de choses sur le haut potentiel, et il n’est pas toujours facile de comprendre un petit zèbre et de vivre avec lui.

Qu’est-ce qu’un enfant à haut potentiel ? C’est, selon les normes actuelles, un enfant dont le quotient intellectuel est égal ou supérieur à 130. Mais la douance n’est pas qu’un QI. C’est aussi une hypersensibilité sensorielle et émotive, une très grande curiosité, une soif de savoir. On attribue aux petits zèbres d’autres caractéristiques : peur du regard des autres, sentiment aigu de justice, grande empathie, esprit critique très développé, difficulté à nouer des liens (en particulier avec les enfants du même âge), questionnements métaphysiques précoces (sur le sens de la vie, la mort…), perfectionnisme et/ou procrastination par peur de l’échec, recherche de sens, résistance à l’autorité et à l’arbitraire… Bien évidemment chacun est différent et ce n’est pas parce que l’on est haut potentiel que l’on répond à toutes ces caractéristiques. Ce qui est commun en revanche à toutes les personnes à haut potentiel, c’est une intelligence différente : ils ne raisonnent pas comme tout le monde. Ils ont une pensée en arborescence ou pensée divergente, c’est-à-dire que leur pensée n’est pas linéaire (une pensée en appelle une autre, puis une autre, et encore une autre, bref, leur cerveau est en ébullition).

Vivre avec un petit zèbre

Avoir un enfant à haut potentiel, qu’il soit diagnostiqué ou pas, n’est pas toujours simple au quotidien. Sa grande sensibilité peut prendre au dépourvu, son esprit curieux et avide de connaissances peut parfois nous épuiser (car en parents fatigués que nous sommes, nous n’avons parfois pas le courage de répondre à une énième question hyper pointue ou d’écouter avec attention le plan de construction d’une super navette spatiale en mission pour Mars). Il a aussi, parfois, du « retard » pour certaines choses : par exemple pour s’habiller seul, ou faire ses lacets. Petites choses du quotidien qui peuvent peser quand on estime qu’à son âge il devrait en être capable. Son besoin d’être rassuré, ses rituels qu’on ne peut perturber au risque de l’angoisser nous envahissent quand on voudrait que tout soit plus simple. Parfois, l’enfant haut potentiel a tout de l’enfant intense : un enfant très sensible, qui a un grand besoin d’attention et qu’il faut rassurer abondamment. Sa façon de gérer ses émotions peut d’autant plus surprendre qu’elle paraît en décalage avec sa maturité intellectuelle. Un enfant peut être exceptionnellement doué, il n’en reste pas moins un enfant… Vivre avec un petit zèbre demande donc une grande capacité d’écoute et de compréhension. De patience, aussi, et bien sûr de bienveillance.

Accompagner sans pression

Parce qu’il est doué, on peut attendre d’un enfant haut potentiel plus que d’un autre enfant : qu’il ait les meilleurs résultats à l’école (alors que beaucoup sont en échec […]

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