Lorsqu'un enfant souffre d'allergie et/ou d'intolérance alimentaire, le rapport à la nourriture change. L'enfant sait qu'il peut souffrir, voire mourir à cause de quelque chose qu'il a mangé. Lors des repas de famille, ou d'un goûter d'anniversaire, les évictions d'aliments peuvent aussi être un facteur d’exclusion. Les parents doivent souvent se creuser la tête pour redonner le sourire à leurs enfants et cuisiner avec eux, dans la joie, des recettes alternatives qui leur fassent plaisir sans les mettre en danger. Parfois, c'est toute la famille qui doit repenser son rapport à la nourriture et opérer un énorme virage, un rééquilibrage alimentaire pour le bien de l'enfant mais aussi parfois de toute la famille. De l'eczéma aux problèmes digestifs, en passant par le choc anaphylactique, les allergies et intolérances alimentaires sont toujours à prendre au sérieux. Il ne s'agit jamais « juste » d'un bouton, d'une toux, d'une diarrhée... La qualité de vie et la santé globale de l'enfant en sont profondément affectées. Les évictions alimentaires, avant une potentielle réintroduction des aliments, sont, en première intention, la seule chose à faire. Ces évictions sont d'autant plus difficiles lorsque l'enfant a déjà goûté et aimé des aliments qu'il devra plus tard bannir au moins un temps de son alimentation. Généralement, les allergies alimentaires (identifiées via le dosage d’IgE1 spécifiques dans le sang) chez les enfants concernent les produits laitiers, les œufs et l'arachide. Les allergies croisées (par exemple au lait de vache et à la viande de veau, le soja, ou le poulet dans le cas de l’allergie à l’œuf) complexifient aussi la donne. À la place (voire en plus), des intolérances alimentaires peuvent aussi être détectées (IgG dans le sang) : gluten, tomate, orange, petits pois, poivron, cacao, vanille…, autant d’aliments auxquels le corps peut réagir. Dans un premier temps, c'est le parent qui bien souvent se sent désarmé et se demande comment nourrir son enfant mais aussi comment le protéger des « autres » (entourage, école, amis, famille…), comment faire en sorte qu'il n'en souffre pas socialement et ne développe pas de troubles alimentaires.

Une charge émotionnelle forte des aliments

En fait, à bien y réfléchir, généralement les aliments dont certains enfants doivent se passer sont des aliments à charge émotionnelle forte dans notre société mais leur absence n'a pas d'incidence sur la santé. L'allergie aux produits laitiers, la plus commune, semble souvent la plus insurmontable. Et c'est vrai, du lait, il y en a partout : dans la nourriture industrielle et dans les produits transformés tels que charcuterie, pâte à tartiner, gâteaux industriels, soupes industrielles, pizza, quiche lorraine industrielles, crème glacée, raviolis en conserve… ainsi qu'une suite d'aliments comportant aussi de la caséine (protéine présente dans les laits d'animaux, à la différence du lactose qui est le sucre du lait) comme, par exemple, dans certains vinaigres vendus en grande surface. Ce sont généralement des aliments plaisir dont le chasseur-cueilleur n'a jamais entendu parler. Autant d'aliments très sucrés, gras, salés, vides de […]

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