© Adèle Tabouelle
Selon Henri Boiraud, « La pratique des vacances est aussi vieille que celle de l’école. Le milieu naturel, la cité, avec sa vie religieuse, politique, et sociale, servent de cadre à cette alternance séculaire d’activité scolaire et de vacances.1 » Depuis la réforme des rythmes scolaires de 2013, les enfants scolarisés sont en congés deux semaines, après sept semaines d’école environ (plus ou moins selon les zones à partir des vacances de février) pour un total de trente-six semaines sur l’année. En 2016, le taux de scolarisation approche les cent pour cent à partir de 3 ans pour les atteindre dès l’âge de 5 ans (97,2 % à 3 ans puis 99,6 % à 4 ans, il diminue ensuite légèrement à partir de 8 ans)2, la question du rythme des vacances scolaires peut donc se poser assez tôt dans la vie des familles. Lorsque l’on sait que le coût des vacances peut être multiplié par deux ou trois selon la période, cela mérite d’y réfléchir un peu… Le Code de l’éducation a tout récemment été modifié, pour rendre obligatoire l’instruction entre 3 et 16 ans (Article L.131-1). Tout enfant scolarisé est ainsi soumis à « l’obligation scolaire » et au « contrôle de l’assiduité ». L’article L.131-8 liste les motifs d’absence réputés légitimes : « maladie de l’enfant, maladie transmissible ou contagieuse d’un membre de la famille, réunion solennelle de famille, empêchement résultant de la difficulté accidentelle des communications, absence temporaire des personnes responsables lorsque les enfants les suivent ». Les modalités de contrôle de l’assiduité sont réglementées. L’article R.131-5 précise qu’ « En cas d’absence prévisible, les personnes responsables de l’enfant en informent préalablement le directeur de l’école ou le chef de l’établissement et en précisent le motif. S’il y a doute sérieux sur la légitimité du motif, le directeur de l’école ou le chef de l’établissement invite les personnes responsables de l’enfant à présenter une demande d’autorisation d’absence qu’il transmet au directeur académique des services de l’éducation nationale agissant sur délégation du recteur d’académie. » En somme, ce motif est laissé à l’appréciation du directeur d’école ou chef d’établissement voire du/des enseignants concernés. Et c’est là que des inégalités de traitement peuvent être constatées, nous en parlerons plus loin.

Pourquoi partir hors période scolaire…

Malgré cette obligation légale, des familles d’enfants scolarisés font le choix de partir en dehors des dates de vacances scolaires. Quels peuvent être les motifs ? Le premier argument qui vient à l’esprit, c’est le coût des vacances. Le prix des hébergements, mais aussi du transport et des activités, peut être doublé, triplé voire quadruplé durant la période des vacances scolaires. Qu’il s’agisse d’un bungalow sur la côte normande ou d’une villa exotique, le mécanisme de haute/basse saison prend en compte le calendrier des congés scolaires. D’autres paramètres font évoluer les prix comme la saison (hiver/été, saison des pluies…) ou le calendrier religieux ou culturel du lieu de […]

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