©ag
Dans ma dernière chronique1, je montrais l’intérêt de laisser les enfants libres de se salir, de patouiller, de jouer à l’extérieur, dans la nature, en forêt… Mais encore faut-il que leur habitat rende cela possible. Et l’on ne peut pas dire que nos villes actuelles s’y prêtent vraiment… C’est bien ce que dit un article sur lequel je suis tombée récemment : « Nos villes ne sont pas faites pour les enfants, et c’est un problème. »2 Entre les constructions, la macadamisation, l’omniprésence de la voiture, les espaces où les enfants peuvent évoluer librement en sécurité et se confronter aux éléments (eau, terre, vent, arbres…) se sont réduits comme peau de chagrin. Même le sable des aires de jeux a disparu au profit de revêtements synthétiques (sans doute plus hygiéniques…).

Il est possible de construire intelligemment

Pourtant, il serait possible de construire du nouveau ou d’aménager l’existant de façon à le rendre plus « vivable » pour les enfants. Cela a d’ailleurs été fait dans le passé. J’ai découvert récemment qu’un quartier proche de chez moi, le quartier du Bois-Perrier, à Rosny-sous-Bois (93), dessiné au début des années 1960 par l’architecte Jean de Mailly3, avait été conçu avec le souci des enfants et de leurs parents. Les immeubles y étaient disposés par groupes de quatre formant un quadrilatère, avec au milieu un vaste square/espace vert arboré (et orné d’œuvres d’art). Les fenêtres principales des appartements donnaient sur cette espèce de grand « patio » interdit aux voitures, où les enfants pouvaient s’ébattre sans danger.

Posons la question aux enfants !

Mais la meilleure façon de savoir ce dont les enfants ont besoin pour bien vivre dans la ville, c’est encore… de le leur demander ! L’article donne l’exemple de la ville d’Oslo. Grâce à une application mobile appelée Trafikkagenten, « les plus jeunes suivaient une sorte de jeu de piste à l’intérieur de la ville, dans lequel ils prenaient le rôle d’un agent secret chargé de signaler les dangers sur le chemin entre la maison et l’école. Grâce aux données récoltées, la municipalité a ensuite pu aménager différemment certains axes : élargir les trottoirs, réduire la vitesse limite autorisée, afin d’apporter plus de sécurité aux plus jeunes ». Il cite également des initiatives françaises qui intègrent les enfants dans les projets de végétalisation, le développement de potagers urbains, l’aménagement des cours d’école…

Amener la campagne dans les villes

On connaît la boutade « On devrait construire les villes à la campagne car l’air y est plus pur. » On l’a beaucoup fait ces trente ou quarante dernières années, en multipliant les lotissements perdus au milieu de nulle part, avec les conséquences catastrophiques que l’on connaît : étalement urbain, temps de transport domicile/travail allongés, etc. Il serait temps de faire l’inverse, en amenant de la campagne (voire de la forêt – voir les projets de micro-forêts urbaines) dans les […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e
Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau s’intéresse depuis plus de 40 ans à tout ce qui tourne autour de la grossesse, de la naissance, de l’allaitement, du maternage et des bébés. Elle est animatrice de LLL France, dont elle a été la présidente dans les années 1990. Elle a écrit de nombreux ouvrages sur ces thèmes, Derniers parus : Ne pleure plus bébé, L'allaitement maternel (nouvelle édition), Petit guide de l'allaitement pour la mère qui travaille (nouvelle édition), Album tendresse de la jeune maman (nouvelle édition), Allaiter plus longtemps, Le cododo, pourquoi, comment (nouvelle édtion).

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.