Une éducation sans école - Thierry Pardo - Éditions Écosociété (2017)
Pour la majeure partie des gens, l’éducation ne va pas sans l’école. Pourtant, cette institution n’existe que depuis très peu de temps à l’échelle de l’humanité et, encore aujourd’hui, de nombreuses personnes, familles, peuples, tribus de par le monde s’en passent avec succès. C’est dans une longue lettre ouverte à Ivan Illich1 que Thierry Pardo nous invite à comprendre et à questionner une évidence qui n’en est en réalité pas une : l’évidence scolaire. C’est en parsemant son propos de références opportunes et de clins d’œil enrichissants, que l’auteur soutien sa vision des choses, à la lumière des théoriciens, pédagogues, et philosophes et autres penseurs. C’est en tant que doctorant en éducation et père de deux enfants instruits hors de l’école qu’il partage avec le lecteur un changement de paradigme. Éducation à domicile, sociétés vernaculaires, familles en voyage, le chercheur a largement étudié ce phénomène. « Dans les sociétés industrialisées, certains parents refusent, souvent de façon intuitive, ‘‘l’évidence scolaire’’ et s’organisent pour offrir à leurs enfants des situations éducatives variées. Ainsi, de plus en plus de familles pratiquent ‘‘l’éducation à domicile’’ que j’ai choisi d’appeler éco-éducation [...].»

Remettre les choses dans leur contexte

Monsieur Pardo ne manquera pas de nous rappeler d’où et pourquoi naît l’invention de l’école, alors que « Depuis que l’humanité a conscience d’elle-même et des enjeux liés à ses moyens de subsistance, elle a cherché à transmettre aux plus jeunes l’expérience et les connaissances qu’elle jugeait utiles. Dans l’histoire des peuples, on trouve un grand nombre d’actes individuels et collectifs permettant à une culture de se survivre à elle-même. Les rituels de passage, les cérémonies et les traditions, mais aussi la participation aux travaux de la vie quotidienne constituent l’expérience éducative la plus répandue de cette histoire. Au début du vingtième siècle se sont cristallisés des concepts tels que “l’enfance”, “l’enseignement” et plus récemment encore, celui de la “professionnalisation de l’acte éducatif” qui a réussi en moins d’un siècle à occuper une place de quasi monopole dans la prise en charge de l’éducation et de la vie avant travail. » Il souligne aussi avec justesse les points négatifs allant à l’encontre du bon développement de l’enfant, nous rappelant à quel point ce dernier ne choisit rien ou presque. À quel point l’enfermement et les horaires scolaires sont opposés au libre arbitre et bafouent même parfois les besoins fondamentaux. Cette forme de soumission institutionnelle prépare effectivement bien à accepter les conditions de vie du salariat et autres voies de soumission hiérarchique, évitant ainsi la rébellion du peuple. Mais est-ce bien cela que nous voulons pour nos enfants et pour l’humanité d’une manière générale?

En finir avec l’évidence scolaire

Tout au long de l’œuvre, sont mis en lumière et décrits les mécanismes et les rouages qui font de l’école un lieu inadapté, parfois même violent et traumatisant. Thierry Pardo évoque également les écoles dites alternatives où les enfants sont mieux considérés et accompagnés dans leurs rythmes en lien avec les réalités physiologiques et […]

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