© Patrick Lecomte
Il y a des périodes plus ou moins faciles avec nos enfants. On les aime, on les choie, mais il y a ces moments où nos nerfs sont mis à rude épreuve. Où, malgré tout notre amour, la colère qu’il nous arrive d’éprouver, la tristesse, le découragement, la fatigue prennent le pas sur notre tendresse et notre bienveillance.

Nous accueillons depuis peu un nouveau membre dans la famille, une merveilleuse petite fille qui fait le bonheur de ses parents, de son grand frère de 4 ans et de sa grande sœur de 3 ans. Pourtant, cet heureux événement aura déclenché bien des tempêtes. Mon fils, d’une nature très calme, est devenu nerveux, colérique et agressif pendant ma grossesse. Et tout cela s’est amplifié au fur et à mesure que le terme approchait. Bien sûr, nous avons compris que notre petit garçon angoissait au sujet de l’arrivée de sa nouvelle sœur. Il a même réussi à le formuler, nous disant qu’il avait peur que nous l’aimions moins. Nous avons tenté de le rassurer, par des paroles et des gestes. Mais nous n’avons pas ressenti d’amélioration. Alors est venu le découragement.

Je passe tout mon temps avec mes enfants parce que nous pratiquons l’instruction en famille. Nous dormons tous ensemble dans un très grand lit familial, et ils dorment serrés contre moi une bonne partie de la nuit. Comme ils ne vont pas à l’école, ils ont une grande liberté au quotidien, du temps pour s’exprimer, pour se défouler. Et pourtant. Et pourtant mon fils, malgré tout cela, est clairement en souffrance. Et moi, ça me fait mal de l’écrire : j’ai la plupart du temps mal réagi.

Je peux me trouver toutes les excuses du monde : une grossesse éreintante, un allaitement qui se poursuit avec ma fille de 3 ans (allaitement qui était douloureux et trop intensif pour moi pendant la grossesse), la volonté de continuer à sortir malgré ma fatigue pour que les enfants voient leurs amis et aient des activités, un manque manifeste de temps pour moi, la colère et l’agressivité de mon fils à encaisser et écouter, et, aujourd’hui, l’arrivée d’une toute petite. Oui, j’ai de bonnes excuses pour justifier le fait que je n’arrive pas à « gérer ». Et parfois j’étais bien contente, de les avoir sous la main, ces excuses. Pour justifier mes cris, mon ton sec ou agacé, mes mots durs. Mon rejet de mon fils, parfois. C’est dur de l’écrire. Mais c’est vrai. C’était parfois ma réaction, un rejet. Pas un rejet formulé, mais clairement ressenti. Par moi, par lui. J’ai mis du temps à m’en rendre compte. Ou plutôt, à me l’avouer.

Quand on veut être un parent bienveillant, le plus difficile est de se confronter à ses émotions. Ce ne sont pas forcément les émotions de nos enfants qui nous posent le plus problème mais ce qu’elles évoquent chez nous. Dans le cas de mon fils, ses cris et son attitude agressive ont progressivement créé une distance entre lui et […]

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