© Sophie Elusse

Puisque dans ce numéro nous allons vous parler de slow life, je vais ici jouer le rôle de la petite voix légèrement sarcastique qui se demande si la slow life n’est pas un idéal inatteignable quand on est jeune parent.

Allez, prenons une journée classique chez moi. Il est environ 7 heures du matin, et dans la chambre où nous dormons tous, ma fille de 4 ans se réveille. Voilà enclenché le réveil familial, ma petite dernière gazouille, mon aîné lui saute dessus pour la câliner… Cette scène est charmante, mais moi, je suis crevée, j’ai du mal à ouvrir un œil, je me fais écraser la vessie par un enfant qui m’escalade, et en voulant me faire un câlin mon bébé me donne un coup de boule. Un réveil difficile bien que plein d’amour. Bon, je focalise sur l’amour, je me lève, allez mes enfants, c’est parti.

Nous descendons, et à peine en bas, les sollicitations pleuvent. J’explique gentiment à tout ce petit monde qu’avant de leur donner leurs tartines, Maman a le droit de faire pipi, merci. Puis vient le petit-déjeuner, ma cadette raconte son rêve, et à peine a-t-elle terminé son récit que mon aîné part dans un grand discours sur les éruptions. À partir de là on ne peut plus l’arrêter, mon cerveau se met en off, moyen de préservation nécessaire si je veux encore être capable de les écouter à la fin de la journée. Heureusement que ma petite dernière ponctue tout cela de « Ba! » , de « Daza! » et autres «Adada! » pleins de conviction, c’est plus simple à suivre. Petit-déjeuner terminé, les enfants vont jouer (ils sont instruits en famille, donc pas d’horaires – slow life je vous dis !). J’enchaîne sur les tâches domestiques. Travail légèrement saboté par un bébé d’1 an plein de bonne volonté qui veut aider Maman mais qui rallonge un chouïa le processus.

Le temps file, et nous partons vers 10 heures pour nous rendre à l’une des activités des enfants chez une amie qui fait elle aussi l’instruction en famille. Ce matin, c’est cours de yoga avec les copains ! Super, on va se détendre, c’est bien, ça, pour la slow life. Allez, on respire, on fait la salutation au soleil, on fait OM… Ah mais oui, sauf que des gamins de 3 à 9 ans qui font du yoga, c’est pas tout à fait la même chose que les cours que j’avais suivis avec des petites vieilles à l’époque où je vivais sans progéniture. Moins calme, dirons-nous. Moins serein. Mais oui, allez, je l’avoue, quand je les vois faire des postures totalement impossibles pour moi qui ai perdu la souplesse de mes jeunes années, mon cœur de maman frémit de contentement et d’admiration. Yoga terminé, on rentre manger. Le repas est classique : entre les sollicitations des deux plus grands et ma petite dernière qui balance son repas par terre et se met debout dans sa chaise haute toutes les deux minutes, je commence à manger mon plat quand ils terminent le leur. Je me dis qu’au moins je vais le manger en paix. Espoir vain : au bout de cinq minutes, ma fille me crie qu’elle a fini de faire caca, et au bout de dix minutes, mon fils m’appelle au secours car notre « destruction baby» s’apprête à détruire allègrement son circuit de train.

Début d’après-midi: ma petite dernière s’endort. J’espère une pause, les grands jouent tranquillement. Je vais pouvoir lire un peu. Sauf que ma fille arrive et me demande de faire un coloriage avec elle. Compliqué de refuser de lui accorder ce temps toutes les deux, sachant que la petite dernière rend difficiles ces temps calmes désormais. C’est parti pour le coloriage. Très vite, mon bébé se réveille car ses siestes sont rarement longues, sonnant le signal pour la suite de la journée. On file en balade ou chez des amis.

Retour à la maison le soir, et il faut encore manger, coucher les enfants (et rester près d’eux jusqu’à ce qu’ils s’endorment), puis redescendre. Enfin, le calme! Je m’installe devant mon ordinateur, je lutte contre une furieuse envie de dormir et enfin, je me mets au travail. Jusqu’à ce que j’entende un petit cri… Et c’est reparti pour une tétée ou un câlin dans la chambre. En fait, la slow life, c’est réservé aux enfants, c’est ça ? Eux se la jouent slow et nous on tape des sprints ? Moi je veux bien me poser les doigts de pied en éventail. Mais j’ai pas encore trouvé la recette. Va falloir que je lise le dossier dans ce numéro tiens, et que je prenne des notes…

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