© Sophie Elusse
Les premières traces retrouvées de symboles animaliers dans des grottes ont plus de soixante dix mille ans1. Pour les expliquer, les notions d’animisme, totémisme et chamanisme ont été théorisées. Aujourd’hui, la frontière entre animalité et humanité est toujours interrogée tant au niveau biologique, écologique qu’historique. En 2015, l’animal fait son entrée dans le Code civil où il est reconnu comme doué de sensibilité. Quoiqu’il en soit, les animaux forment un vivier archétypal très utile pour illustrer nombre de métaphores de nos comportements humains (ainsi que le faisait Jean de La Fontaine dans ses fables) ou comme source d’inspiration pour gérer nos émotions.

Sans pour autant revenir aux explications anthropologiques de l’utilisation des images d’animaux dans le temps, notons simplement que l’animisme et le totémisme font référence à des systèmes de pensée où chaque être vivant (animaux, plantes) a son esprit propre2. L’animisme (théorisé en 1874 par Edward Burnett Tylor) s’appuie sur un seul principe d’identification : une intentionnalité – « esprit », « âme » – propre à chacun mais commune à toutes les espèces. Nos différences sont liées à notre physique et à nos comportements. Le totémisme (James George Frazer, 1887) ajoute à ce premier principe d’identification une ressemblance physique entre les espèces qui indique une relation privilégiée entre elles. Le chamanisme est une pratique née de ces croyances. Il est curieux de remarquer qu’il existe sur les cinq continents avec de nombreuses similitudes malgré les barrières de la langue ou la circulation des hommes à l’époque. En Gaule, le chamanisme celte s’exprime bien avant les traditions chrétiennes.

Du chamanisme aux thérapies brèves

C’est « un parcours initiatique qui relie l’homme à son environnement3 » dans lequel le chaman expérimente, par le silence, les états modifiés de conscience (méditation, transe, jeûne...) et l’observation à faire le lien entre les mondes visibles et invisibles (esprits). Pour répondre à des questions précises, il se laisse aller à sa sensibilité, à son instinct en collaboration avec les animaux totems dans l’objectif d’acquérir force, puissance ou qualités de l’animal qu’il désire s’approprier. Entachées de magie, ces pratiques ne trouvent que peu de place dans nos sociétés occidentales. Certaines thérapies, s’appuyant sur les compétences du cerveau, utilisent elles aussi un état modifié de conscience pour atteindre l’information, à l’exemple de l’EFT, Tipi4 ou de l’hypnose médicale. « L’EMDR est une forme de transe où l’on est complètement possédé par la reviviscence de son traumatisme. Bref, l’induction d’un état modifié de conscience est une technique de soin universellement pratiquée sur notre planète, que ce soit en tradithérapie ou en médecine occidentale plus orthodoxe.5 ».

Des animaux emblèmes

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