L’histoire de l’éducation va forcément de pair avec celle de l’humanité, c’est ainsi qu’un fonctionnement acquis est remis en cause, avec l’évolution de cette dernière devant faire face à de nouveaux besoins ou défis. Et c’en est un, de défi, que de vouloir synthétiser en rétrospective l’évolution de la pensée éducative. Elle sera forcément incomplète et imparfaite vu l’amplitude du temps. En respectant la chronologie de l’évolution, partons observer comment l’éducation était abordée au fil des âges. Selon Roger Gal, la formation par le biais d’une institution dédiée à cela intervient très tardivement dans l’éducation. Il faudra attendre le jour où l’Homme se sera « assuré une vie plus tranquille et plus sûre1 ». Auparavant, l’Homme est dans la survie, et chaque membre du clan se doit de participer à la survie du groupe. Roger Gal considère alors que l’auto-apprentissage ou auto-formation fut la première forme d’apprentissage humain. L’humain apprenait par imprégnation, observation et expérience « et la vie, l’action étaient sa véritable école, à peu près inconscientes, bornées à la pratique de la vie et qui, exploitant les tendances naturelles de l’être, se faisait déjà par les jeux de l’enfant où l’on voit celui-ci tant de fois imiter l’adulte, puis par sa coopération aux travaux et occupations de ses aînés2 ». Les enfants apprenaient ainsi la chasse et la cueillette, la fabrication et manipulation des outils, autant de tâches qui contribuaient à la survie. Deux grands paliers se dessinent dans la préhistoire, et ceux-ci vont bousculer l’auto-­apprentissage des hommes. Le premier concerne la transition Homo faber à Homo sapiens. Sa curiosité naturelle pousse l’homme à comprendre, cherchant le pourquoi des inter­actions, des choses, et ainsi inventer. Dès lors que l’invention s’installe, deux phénomènes vont apparaître. D’une part, pour que l’invention soit transmise et non oubliée, il va falloir que le groupe s’en empare. Ainsi l’observation puis l’imitation vont permettre au groupe de s’approprier l’invention et de la transmettre et, d’autre part, la complexification des techniques va progressivement amener l’enseignement des savoirs et savoir-faire par l’intermédiaire d’un passeur ou encore transmetteur. L’invention n’avait d’existence qu’avec la transmission, ainsi l’inventeur lui-même se faisait le premier passeur. « L’inventeur reproduit la première expérience ; le résultat étant satisfaisant, son entourage l’imite avec exactitude et le procédé se répand de proche en proche. L’inventeur n’explique pas un schéma qu’il a conçu ; il montre comment il fait. [...] l’invention n’est pas enseignée (c’est-à-dire qu’on ne corrige pas les erreurs des “apprenants”) ; elle est imitée, c’est pourquoi les premières découvertes ont un rayonnement illimité ; les différences ethniques ou linguistiques ne font pas obstacle à leur diffusion.3 »

Le langage, un tournant dans la transmission des savoir-faire

Ce n’est peut-être pas un hasard si l’invention du biface (outil dont les deux faces opposées ont été travaillées pour affiner le tranchant de la « lame ») coïncide avec le début du […]

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