© Sophie Elusse
Ce n’est pas un secret, nos vies chronométrées et parfois planifiées au millimètre près ont un poids énorme sur le quotidien de nos enfants. On entend souvent, quand on devient parent, qu’un bébé est « cool » s’il a des parents sereins. Même si, évidemment, on ne peut pas tout réduire à ça, il est évident que des parents qui courent dans tous les sens n’inspireront pas beaucoup de sérénité à leurs enfants, qui seront les premiers à pâtir de ce rythme effréné.

Dépêche-toi », « On va être en retard », « Vite, il y a du monde qui attend derrière nous », sont des phrases que l’on serine à nos enfants mais aussi à nous-même. Derrière cette injonction à aller vite, il y a la pression de la société et du regard des autres : aller vite, c’est, dans l’inconscient collectif, être efficace. Si vous prenez le temps de faire les choses, vous êtes lent. Rappelez-vous de cet adjectif souvent utilisé par le corps enseignant sur les bulletins scolaires, et vous conviendrez que derrière ne se cachent pas des louanges. Aujourd’hui, nous devons aller vite, pour apprendre plus vite, cocher le plus de cases possible, produire plus, et remplir le plus nos vies puisque la course nous gagne même sur notre temps libre. On en serait presque à culpabiliser (et c’est d’ailleurs le cas de certains) de ne pas remplir nos soirées, nos week-ends et nos vacances de sorties, activités ou repas entre amis. La vie aujourd’hui se doit d’être bien remplie, c’est presque une règle. Sinon, on devient quelqu’un de casanier, d’ennuyeux, qui « ne fait rien » et a une vie peu intéressante.

Assumer de « ne rien faire »

Pourtant, se laisser du temps pour « rien », c’est justement s’accorder du temps pour tout. Pour la liberté de vivre l’instant et se laisser saisir parce ce qui nous entoure à ce moment-là. C’est capital pour nos enfants, et ça l’est pour nous aussi. Nous sommes tous pris dans un quotidien fait d’obligations (ne serait-ce que celles dont dépend notre survie, manger, se vêtir, etc.), et même les enfants instruits en famille n’échappent pas à cela, même si c’est évidemment dans une bien moindre mesure que les enfants scolarisés. Dans tous les cas, les tâches du quotidien rythment notre vie, et il est important de s’accorder ces plages de vide. Il fait beau ? On profite du soleil dans le jardin, en jouant, lisant, jardinant, ou simplement en se posant dans une chaise longue ou en s’allongeant dans l’herbe, et si on n’a pas de jardin, on sort profiter du beau temps dans un parc ou dans la nature. Il pleut ? On s’installe confortablement dans le canapé avec ou sans livre, on regarde un film, on écoute de la musique, on fait un jeu de cartes, on cuisine un bon goûter, on dessine… Peu importe ce que l’on décide de faire, ce qui est capital c’est de savoir qu’on l’a […]

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