© Volana Lemaître
© Volana Lemaître

Magali

<<Une naissance respectée tient compte des limites et des désirs de chacun des trois intervenants (maman, papa, bébé). C’est un art, de trouver ce juste milieu… Cela peut évoluer en cours de grossesse, et même en cours d’accouchement ! Il s’agit donc de rester à l’écoute, de rester présent à ce qui se passe, de laisser les choses évoluer, et surtout de ne pas juger les choix des uns et des autres. Par exemple, si une mère a très peur de la douleur, et qu’elle n’a pas trouvé le moyen de dépasser cette peur, la naissance respectée inclut la péridurale. >>

Noëmi

<<Une naissance respectée est, à mon sens, une naissance où l’humain est respecté. Chacun fait ses choix (hôpital ou accouchement à domicile) selon ses besoins, ses connaissances et son éducation. Il est important, quel que soit l’accouchement choisi, de respecter avant tout les besoins et les attentes des (futurs) parents. Alors ce nouvel être pourra être accueilli avec sérénité et plénitude. >>

Audrey

<<L’accouchement, tel qu’il est pratiqué en France dans les maternités, m’a toujours révoltée, cela bien avant d’être enceinte. Je me souviens même avoir dit à mon mari que je ne pourrai peut-être jamais faire d’enfant car je ne voulais pas me retrouver comme toutes ces femmes, nues, les quatre fers en l’air devant des gens que je ne connaissais pas.
J’ai donc cherché sur Internet quelle maternité près de chez moi pouvait être respectueuse des femmes. À l’époque, étant moi-même infirmière, l’accouchement à domicile me semblait être une totale inconscience. (J’ai changé d’avis depuis que j’ai vu le film Entre leurs mains, malheureusement trop tard) Je me suis tournée vers une maternité décrite par les internautes comme assez ouverte et respectueuse.
J’ai finalement eu une césarienne à 10 cm de dilatation pour mon premier et des forceps par voie basse pour la deuxième. J’ai pleuré de tristesse pendant mes deux accouchements, en plus de me sentir complètement violée dans mon intimité et dépossédée de la naissance de mes enfants.
Aujourd’hui, je peux dire qu’un accouchement respecté, c’est avant tout un accouchement dont on ressort sans colère. C’est avoir la possibilité de communiquer sur ses propres souhaits et sur ses sentiments tout au long de la grossesse et de l’accouchement.
Ce serait donc connaître à l’avance la personne qui va nous aider à mettre au monde notre enfant pour nous sentir à l’aise et en confiance.
C’est ne pas avoir à nous déplacer dans un lieu quasi inconnu et impersonnel en plein travail au moment où nos hormones nous rendent vulnérables.
C’est recevoir des explications concrètes tout au long du travail et aussi et surtout, après l’accouchement.
C’est pouvoir accoucher vêtue de la manière qui nous convient et dans la position dans laquelle nous nous sentons le mieux. Ne pas avoir des réactions du personnel qui s’exaspère parce qu’on ne pousse pas comme il faut.
C’est que l’obstétricien qui vient intervenir en urgence prenne quand même le temps de vous dire bonjour, de vous expliquer ce qu’il fait sur votre corps et pourquoi il le fait.
C’est de ne pas passer pour une chiante qui déstabilise le personnel lorsqu’on souhaite accoucher sans péridurale. Et que cette péridurale ne soit pas forcément une évidence pour tous.
C’est voir son bébé sortir, le sentir sortir et pouvoir l’attraper la première et le placer sur soi en peau à peau.
C’est pouvoir dire si on accepte ou non que certains soins soient pratiqués sur son bébé. Hormis les soins vitaux, bien sûr.
C’est que le fait que votre bébé reste collé à vous pendant tout le séjour à la maternité soit une évidence pour tout le personnel.
Ce serait aussi que le personnel soit formé à la communication non-violente.
C’est se sentir entendue et prise en considération dans ses souhaits et ses attentes et non dépossédée sauvagement de son accouchement comme si on était une incapable qui doit se livrer au corps médical qui lui, et lui seul, sait faire ! >>

Blandine

<<Je préfère parler de naissance physiologique… Parce que pour certains, une césarienne programmée sur demande de la mère est une naissance respectée – ce qui me semble totalement aberrant. Il y a deux personnes en jeu lors de l’accouchement, le bébé et la maman. Et si le bébé n’est pas respecté dans ses besoins lors de sa naissance, il n’y a pas de naissance respectée. >>

Anne-Sophie

<<Une naissance respectée doit prendre en compte les désirs de la mère mais aussi les besoins du bébé. Prendre une “péri” peut être le choix de la mère mais le bébé, lui, subit cette “péri” et se retrouve “seul” dans cet accouchement. Peut-on vraiment dire que c’est un accouchement respecté ? >>

Didi

<<Deux accouchements difficiles : bébé 1, forceps, ventouse et “épisio” et bébé 2, césarienne en urgence (cordon autour du cou) mais je peux dire que je me suis sentie respectée pendant les deux parce que accompagnée et soutenue par une bonne équipe médicale qui mettait tout en œuvre pour me rassurer et aussi grâce au papa qui était à mes côtés à chaque minute. Donc pour moi “naissance respectée” ne va pas forcément de pair avec naissance “naturelle” (voie basse non médicalisée). >>

Flo

<<Ce n’est que dans la physiologie que la naissance est respectée. Ensuite, quand il y a médicalisation de l’accouchement lorsqu’elle est nécessaire (cause médicale), il peut y avoir césarienne ou autre intervention, de manière respectée aussi. Cela dépend de la façon dont est accompagnée la mère et accueilli le bébé. Sous péridurale, ce n’est pas une naissance respectée. En tout cas, moi, j’ai mal vécu mon premier accouchement sous “péri” car l’impression que tout a été faussé, plus d’instinct, plus de physiologie, poussée dirigée, et bébé qui de son côté se retrouve “seul”… >>

Brice

<<Une naissance respectée ne tient pas du tout dans les souhaits de la maman mais dans le respect de la mère, de son corps et du bébé.
Une maman qui souhaite accoucher en position gynécologique avec une péridurale et une épisiotomie peut avoir son accouchement de “rêve” sans que cela soit pour autant une naissance respectée. Car il n’y a là ni respect du corps de la mère ni du bébé.
Un accouchement physiologique avec une péridurale respecte la mère, son corps mais pas le bébé. Car le bébé souffre seul, “l’absence” de douleur pour la mère l’incite à pousser bien plus fort et à beaucoup moins écouter son bébé que si elle ressentait tout.
Sans compter que la naissance respectée, ça ne se limite pas au travail et à l’expulsion, mais s’étend aussi au post partum.
On ne peut pas parler de naissance respectée avec tout le protocole invasif qu’on trouve dans la plupart des milieux hospitaliers, avec la Rifamycine dans les yeux, l’habillage, la pesée, la mesure, le nettoyage, etc., alors que tous ces examens peuvent avoir lieu bien plus tard une fois le bébé remis de cet instant intense pour lui qu’a été sa naissance. >>

Val

<<La naissance respectée, c’est surtout laisser faire la nature et ne pas programmer un accouchement pour raisons pratiques (pas le week-end, pas un jour férié, etc..) ou pour satisfaire l’envie de la maman. La décision de césarienne ou de déclenchement devrait uniquement être prise pour raisons médicales. De même, laisser la maman adopter la position qui lui convient pour le travail et non pas lui imposer de rester allongée sur le dos. >>

Marion

<<Je connais tous les méfaits de la “péri”, j’ai beaucoup lu à ce sujet, et ne suis plus à convaincre. Mais, vraiment, je suis toujours très mal à l’aise de constater que (quasi) tous les débats et discussions autour de la naissance respectée se résument toujours peu ou prou à “avec péri/sans péri”. Et que, dans ce cadre, on affiche souvent beaucoup de fierté à dire qu’on a accouché sans péri ; et beaucoup de culpabilité à dire qu’on a accouché avec. D’où, quasi systématiquement, une sorte de justification des mamans, qui expliquent pourquoi elles ont pris (dû prendre) la “péri”.
Je ressens souvent un certain malaise face à ce que je ressens parfois comme une sorte de performance ; c’est à qui aura eu l’accouchement le plus “physio”. Et, in fine, cela renvoie directement à notre compétence maternelle, avec ce que cela peut comporter de valorisant ou de culpabilisant.
La sage-femme libérale qui me suivait en accompagnement global pour la naissance de mon deuxième enfant (plateau technique) revenait sans cesse sur cette question de la “péri” : “tu veux accoucher sans “péri”, bien sûr ?”. Et je n’avais de cesse de lui répondre que ce n’était pas un objectif pour moi. Et elle revenait à la charge. Et je lui expliquais que ce je voulais, c’était vivre cette naissance pleinement et accueillir mon enfant en conscience, dans la joie et la sérénité. Que oui, je me lancerai dans l’aventure sans “péri” évidemment, parce que je voulais la vivre cette aventure. Mais que je ne pouvais pas savoir à l’avance ce qui s’y vivrait. Et que quoi qu’il arrive, quels que soient mes besoins, je serai là pour accueillir mon enfant.
Une naissance respectée est une naissance faite avec une qualité de présence et de conscience à l’événement. Le reste est de l’ordre de l’imprévisible – et à ne pas prévoir. Une naissance, c’est une aventure à vivre, qu’on ne doit pas vouloir maîtriser et planifier. >>

Alyssa

<<Je n’aime pas cette expression “naissance respectée”; ça donne un aspect très manichéen, avec d’un côté, la naissance “respectée”, à domicile, et tout va bien, et l’autre médicalisée, diabolisée entourée de méchants médecins et sorcières sages-femmes. Je trouve que le terme “naturel” serait meilleur et ne véhiculerait pas de jugement de valeur. Doit-on blâmer les femmes qui ne veulent pas ressentir les douleurs de l’accouchement genre “tu ne veux pas souffrir, donc, tu ne respectes pas la naissance de ton enfant, donc, tu es une mauvaise mère” ? Nous ne sommes pas dans une compétition ou une course au mérite. >>

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp !
Saisir votre nom ici svp

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.