© Marie Jarne
Voici l’histoire de mon adoption. Précisons que je ne prétends pas parler au nom de tous les enfants adoptés ; les ressentis, les impressions et les avis exprimés dans ce récit me sont propres et ne concernent que moi. Je suis née à Hô Chi Minh-Ville (auparavant Saïgon) en novembre 1997. Mes parents m’ont vue pour la première fois alors que j’avais environ 2 semaines. Ils sont restés à peu près deux mois au Vietnam pour les procédures administratives. Moi, j’étais un bébé et je ne me rendais compte de rien : comme vous le savez, on n’a aucun souvenir à cet âge-là. Au bout de deux mois, ils m’ont ramenée en France. J’ai grandi paisiblement, aimée par mes parents. Quand j’ai eu 5 ans, mon frère Angelo est arrivé de Madagascar, il avait 4 ans. On est allés le chercher à l’aéroport. Mes parents m’avaient préparée à son arrivée en me disant que j’allais avoir un petit frère, que c’était comme ça, que je n’avais pas le choix et qu’on allait tous l’aimer. À ce qu’on dit, je n’étais pas très contente (sûrement jalouse, c’est l’âge…), je faisais la tronche. Mais rassurez-vous, c’est un happy end, tout s’est bien passé et son arrivée s’est bien déroulée. On a tous les deux toujours accepté qu’on était adoptés, et on l’a, quelque part, toujours su. On est une famille atypique, mais l’amour est là, et c’est le plus important. Bien plus que les liens du sang. Ça n’est pas toujours bien compris par les étrangers, par les passants, qui nous ont parfois (souvent) regardés, dévisagés, avec étonnement la plupart du temps. On ne passait pas inaperçus. On s’y est habitués, en quelque sorte. C’était parfois pesant, mais que voulez-vous, on ne peut pas changer les gens. En 2015, à l’initiative de ma mère, on a fait un voyage familial au Vietnam. Elle m’avait demandé si j’étais OK, et j’avais approuvé. Au cours du voyage, on a décidé d’aller voir mes parents biologiques (retrouvés auparavant grâce à notre agence de voyage vietnamienne). Ceux-ci ont accepté de nous recevoir, ma famille et moi. Pour être honnête, ça a été difficile pour moi de voir d’où je venais, de rencontrer des gens qui étaient des inconnus mais en même temps m’avaient « faite ». Ajoutez à cela les différences de culture et de mentalité, et vous aurez un joyeux combo. Heureusement, on a pu échanger avec eux grâce à un traducteur, et j’ai pu poser les questions que je me posais depuis enfant. Pourquoi m’avoir « abandonnée » ? Pourquoi moi ? Pourquoi pas les autres enfants (j’ai deux frères biologiques et deux sœurs biologiques) ? J’ai pu avoir des réponses à mes nombreuses interrogations : savoir d’où je viens et mettre des images sur ma famille biologique (ce dont j’ai toujours été curieuse). Cela m’a permis de grandir, d’être au clair avec moi-même et d’avancer dans la vie après avoir éclairci mes éternels questionnements. J’étais comme apaisée, soulagée. Mais il est important de dire qu’il y a autant de besoins différents que d’enfants […]

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