© Victorine Meyers
En France, et ce depuis maintenant plusieurs décennies, il est devenu facile de trouver des réunions de soutien aux mères, celles-ci ont démarré avec les réunions de La Leche League. Néanmoins si on est un père et que l’on cherche ce genre de soutien, on va rapidement se trouver confronté au néant abyssal. Pourquoi n’y a-t-il pas de réseau de soutien entre pères en France ? Sont-ils en demande ou au contraire n’en ressentent-ils pas le besoin ?Intéressons-nous à certains pays considérés comme avant-gardistes en matière d’éducation parentale, les pays nordiques par exemple. En Suède, les couples se partagent 480 jours de congé parental (dont 90 jours non cessibles pour chacun) pour un salaire sur la majeure partie de ce temps plafonné à 80 %. Ce sont des conditions exceptionnelles qui permettent à des pères de plus en plus nombreux depuis quarante ans de s’occuper de leurs enfants. Et si finalement c’était ce temps qui manque aux pères pour se retrouver, pour discuter, pour s’entraider ? Au-delà du temps, c’est en se consacrant à nos tout-petits que l’on peut réellement prendre conscience des soucis, des inquiétudes ou des problèmes que l’on rencontre en étant en tête à tête prolongé avec nos chérubins. En France, aujourd’hui, le congé de paternité est de quatorze jours ouvrés. Il s’agit d’une avancée, certes, mais ce temps de pause est bien trop court pour qu’un père prenne conscience de ce qu’implique l’arrivée d’un tout-petit et puisse ainsi mieux s’impliquer dans le quotidien. Daniel, père de deux enfants de 17 ans et demi et 14 ans, a accepté de nous répondre sur la question du manque de soutien entre pères.Grandir Autrement : Devenir père est parfois source d’angoisse ou de questionnements, as-tu ressenti cela en devenant papa, et quelles questions t’es-tu posées ? Daniel : C’était il y a presque dix-huit ans, donc mes souvenirs sont flous, mais je n’avais a priori pas de stress particulier. Aujourd’hui a posteriori et avec le chemin parcouru, je pense que je n’étais probablement pas suffisamment impliqué, par manque d’information sûrement, mais je n’aurais pourtant pas eu l’idée spontanée de chercher de l’information ou du soutien, ce d’autant qu’à ce moment-là nous n’avions pas les mêmes moyens d’information qu’aujourd’hui (sites Internet ou réseaux sociaux).As-tu ressenti un manque de soutien entre pères ? Les mères se retrouvent souvent au sein d’associations ou réunions de soutien et d’information, comme celles de la Leche League, aurais-tu été à ce genre de réunions si elles avaient existé pour les pères ? Aujourd’hui je réponds oui, à l’époque je n’en suis pas si sûr. Il y a vingt ans, il n’y avait à ma connaissance pas de pères en France pour déplorer un manque d’information, c’était totalement hors sujet parce que pas dans notre culture et c’est fort probablement encore le cas maintenant pour la majorité des néo-pères ! Pour déclencher la démarche d’aller chercher du soutien, encore faut-il avoir connaissance que c’est […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp !
Saisir votre nom ici svp

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.