© Etienne Bellette

Amiens a accueilli deux éditions du Printemps de l’Éducation. En 2014, j’y fus conviée à intervenir lors de la table ronde « instruction en famille ». Tout naturellement, j’ai rallié l’équipe pour l’édition suivante. Pour préparer l’événement 2015, nous étions sept femmes (sans compter toutes les mains tendues aux diverses étapes de l’avancée de ce beau projet). Je les désignerai ci-après par le terme de « primevères ».

Déjà quatre ans. Quand j’ai décidé de faire cet article1, j’ai eu l’impression que les autres et moi n’avions pas la même vision de ces devenirs. La plupart des primevères cherchaient quelque chose à me dire en lien avec les thèmes de l’éducation, de la pédagogie, de l’enfance, certaines ont en effet creusé ce sillon, d’autres s’excusaient presque d’avoir tracé à côté. Ma vision des choses est bien différente. Il me semble que chacune de nous a enclenché depuis ces quatre ans une dynamique évolutive assez spectaculaire. Jugez plutôt.

Je commence par celle pour laquelle je suis la plus familière du parcours. Moi : Céline, 34 ans au moment des faits. Arrêt sur image : 7 novembre 2015, au sortir d’une des dernières tables rondes de la journée, intitulée « Si vous n’avez pas les clefs pour la motivation, fabriquez votre trousseau ! », animée par Mathieu Hainselin2, Céline s’effondre, en larmes, sur l’épaule d’une primevère. Fatigue, tensions accumulées, chute d’adrénaline, soucis personnels ? Tout cela certainement. Mais s’ajoute une monumentale prise de conscience :

1. Depuis des années que je transmets des valeurs, des idées, des notions à mes enfants, que je sème des graines, peut-être serait-il temps d’appliquer à moi-même ces belles paroles.

2. Le processus est en marche en moi depuis quelques mois déjà, un lent cheminement vers plus de cohérence, non plus seulement envers mes enfants, non plus seulement envers un modèle utopique de société, mais enfin envers moi-même. Mais les pièces de ce puzzle s’agencent mal, certains éléments sont incompatibles, et cela me fait beaucoup souffrir. La solution vient de s’imposer, sous la forme d’un trousseau de clés, et je l’ai reçu en pleine figure !

C’est douloureux, mais salutaire. Dès le lendemain j’ai pris des décisions et amorcé une planification de petits pas vers mes objectifs. En somme, j’ai entrepris de modeler le panneton de la clé vers mes objectifs. De là, beaucoup d’éléments ont contribué à ce que l’empreinte de la clé corresponde à la serrure, à tel point que j’ai pu en avoir le tournis parfois. Il m’est bien difficile de résumer ces quatre dernières années : j’ai passé une année à sept-cents kilomètres de mes enfants pour entreprendre une formation, suivi moult stages, fait énormément de rencontres enrichissantes, noué des liens d’amitié, et plus quand affinités, commencé à étudier deux nouvelles langues, appris énormément sur moi, et sur « les autres », changé plusieurs fois de régime […]

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