© NVV
La façon avec laquelle nous choisissons d’éduquer nos enfants est toute personnelle. Elle peut s’inscrire dans la continuité de ce que nous avons connu enfants, ou prendre des chemins différents, voire opposés. Si nous sommes tous pétris de bonnes intentions pour faire de nos enfants des êtres humains confiants, libres et accomplis, le sentier emprunté pour y parvenir demeure un sujet très épineux dans les familles où l’ouverture à d’autres valeurs que les siennes engendre souffrance, détresse et incompréhension. Conscient de l’ampleur du mal-être que ces distensions peuvent susciter, Grandir Autrement tente régulièrement d’apporter des pistes de réflexion aux parents et grands-parents qui sont engagés dans ces considérations1. Voici une nouvelle piste s’appuyant sur le témoignage de parents2 et éclairée par le regard de Mitsiko Miller, coach professionnelle et formatrice en communication collaborative, avec qui j’ai eu le plaisir d’échanger. La parentalité a cette spécificité qu’elle fait remonter nos blessures profondes d’enfant et ranime tous les manquements dont nous avons fait l’objet. Pour les parents qui font le choix de vivre autrement, dans la liberté, l’accompagnement, l’accueil de leurs enfants et la parentalité positive, cette approche les confronte à nouveau au regard et aux commentaires des grands-­parents qui les repoussent. La réaction que cette situation suscite a toutes les chances de nous empêcher d’être dans l’écoute et l’empathie. Surtout face à des grands-parents qui n’ont parfois pas les mots ou les ressources pour tenir ces conversations, à qui l’on a appris à ne pas se montrer vulnérables (ce qu’ils perçoivent comme une faiblesse) et qui étaient davantage dans le respect des codes sociaux, le déni de leurs besoins et de leurs émotions, alors que notre génération s’est ouverte à l’intelligence émotionnelle, à l’importance du lien et à l’expression de sa sensibilité au sein d’une relation. Les parents et les grands-parents s’engagent alors dans une lutte de pouvoir imbriquant maladroitement culpabilité, attaque, réplique, fuite, déni et justification qui perpétue cette souffrance et rend tout dialogue impossible. Pour Mitsiko Miller, il est important de prendre conscience de ce que cette situation réveille en nous et de saisir cette opportunité pour travailler sur soi et ne pas s’enliser dans un rapport de force stérile dont les petits-enfants deviennent les tristes témoins, et pour éviter tout risque de contagion de notre charge émotionnelle sur nos enfants.

Alors comment faire ?

Il y aurait deux maîtres-mots : l’intention et la patience. Pour commencer, toute bonne intention est vaine si la charge émotionnelle est encore trop présente. « Il est indispensable de réaliser en amont un travail d’auto-empathie et d’identifier ce qui nous empêche d’être dans la bienveillance », suggère Mitsiko Miller. « On a besoin d’empathie pour soi avant de pouvoir en diffuser. Rien n’est possible si on n’a pas envie de guérir sa relation avec ses parents. » Pour cela, elle propose d’accueillir cet enfant intérieur qui n’a pas été entendu et de faire le deuil de ce que tout cet enfant a pu vivre : […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.