Quels que soient les motifs et le chemin qui mènent à une séparation, lorsqu’un couple a des enfants en commun, il n’en demeure pas moins un couple de parents, même lorsque le couple d’amants n’est plus. Comment rester soudés dans l’accompagnement des enfants malgré la distance et les désaccords ? Rétablir la communication lorsque celle-ci semble rompue ? Trouver un terrain d’entente afin de préserver l’intérêt supérieur de l’enfant ? C’est ce que nous allons voir à travers les témoignages recueillis pour cet article qui nous donnent un aperçu des ressources dont disposent les co-parents.

Tout d’abord, il est nécessaire de garder à l’esprit, malgré les souffrances et difficultés auxquelles on est soi-même confronté, que ce qui prime, c’est que soit préservée l’intégrité physique, morale et psychique de l’enfant. Si celui-ci se trouve bien souvent au centre des discussions qui animent ses parents, il arrive qu’oubliant les besoins fondamentaux de leur enfant au profit du conflit qui les oppose, ces derniers en viennent à l’instrumentaliser (même tout à fait involontairement), l’utilisant « contre » l’autre. Or l’enfant, pour qui la séparation de ses parents représente déjà en soi un traumatisme, a d’autant plus besoin que soient pris en compte ses besoins dans ces moments de grand bouleversement. « Je me souviens de certaines discussions houleuses que nous avions avec mon ex-mari, témoigne Amandine, qui aboutissaient systématiquement à des disputes au sujet de notre fils, comme si tout venait se cristalliser autour de lui, quel que soit le sujet de la discussion au départ. Jusqu’à ce que nous nous rendions compte qu’au final, nous voulions la même chose, même si nous le formulions différemment : que notre enfant ne pâtisse pas – ou le moins possible – de notre séparation, que son intégrité soit préservée, ses besoins écoutés et pris en considération. Le jour où nous sommes parvenus à ce constat, nous avons pour ainsi dire baissé les armes et n’avons eu de cesse, depuis, d’aller dans le même sens. »

La nostalgie du « paradis perdu »

Un enfant dont les parents se séparent a avant tout besoin d’être rassuré : rassuré sur le fait qu’il ne perd pas l’amour de ses parents sous prétexte qu’eux ne s’aiment plus (ou plus assez, ou ne s’entendent plus suffisamment pour continuer à vivre ensemble). Il est primordial, même en cas de conflit ouvert, que les deux parents rassurent leur enfant sur ce point. Un enfant dont les parents se sont séparés éprouve inévitablement de la nostalgie pour le temps où ils vivaient encore ensemble. Et celle-ci peut perdurer bien après que la séparation ait eu lieu, et même dans les cas où l’enfant, comme les parents, semblent avoir trouvé un nouvel équilibre, être heureux et épanouis dans leur nouvelle vie. Ce manque, cette nostalgie du « paradis perdu » subsistent toujours. « Cela fait huit ans que nous sommes séparés, le père de mon fils et […]

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