© Laura Boutevin
Le mois de novembre serait le mois des morts. Mondialisation oblige, on entend parler de la très commerciale fête d’Hallowe’en et de ses monstres dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, puis vient la Toussaint : pas très joyeux tout ça… Pourtant, l’école Calandreta La Garriga1, à Gignac dans l’Hérault, s’est lancée dans un nouveau défi : fêter elle aussi, à la sauce occitane, les morts et les esprits. De quoi, peut-être, inspirer d’autres établissements. En effet, en Occitanie, au mois de novembre se fête Martror, la fête des morts, temps fort festif qui marque l’année à son déclin hivernal. On chante, on danse, on psalmodie, on partage. Une longue tradition souvent oubliée de nos jours, en partie à cause de l’importation d’une fête bien plus commerciale et lucrative : Hallowe’en, venue des États-Unis, qui doit son nom à la contraction des mots anglais All Hallows Even, la veille de tous les morts, autrement dit la veille de la Toussaint. Et avant ce filon à gadgets qui font peur, une tradition elle aussi ancienne et régionale, celle de l’Irlande gaëlique qui appelle cette fête Samhain. Plus loin de nous, au Mexique, on célèbre le dìa de muertos2. Alors Martror, c’est juste un autre nom ? « Nous, on n’arrête pas la fête des morts à une date précise », nuance Amélie, animatrice en Calandreta très attachée à la culture occitane, « tout novembre est le mois des morts, on s’ancre dans un cycle ». Sans oublier qu’il y a bien des façons de fêter les morts. Pas question de se faire peur gratuitement ou de rire du malheur ! À la Calandreta, la démarche doit avoir du sens pour tous et le projet va même influencer la vie de la classe et les activités périscolaires.

Des thématiques de classe pour un enseignement particulier

« Nous avons lu des albums sur la mort avec la classe », explique Felip, enseignant en classe de primaire. « On n’explique pas la mort de la même façon à tous les enfants, l’âge est très important. » S’appuyer sur des albums et des dessins permet de faire passer des notions complexes pour les plus petits. Personne n’échappe à la préparation de Martror mais chaque élève peut en retenir ce qu’il est prêt à percevoir de cette mystérieuse faucheuse. « On meurt quand on va dans une boîte dans la terre ou quand on est dans les nuages », explique d’un ton très scolaire Amélia, élève de CP. « Et aussi, on respire plus ! » Les élèves ont également appris des chants traditionnels et des comptines, une façon de plus de renouer avec la tradition régionale et de mettre des mots et des rimes sur ce qui est bien trop souvent un tabou. « Je savais pas comment on meurt. Maintenant je sais qu’on devient froid […]

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