© Flore Bargain
À l’heure où les chiffres du déclin des espèces et de la biodiversité affolent les esprits, beaucoup d’entre nous prennent conscience de l’urgence de la situation et, ce faisant, voudraient aider. Faire notre part, comme on dit. « La nature a besoin de nous ! » répète-t-on à qui veut l’entendre. Mais très vite, l’ampleur de la tâche fait défaillir. Il y a tant à faire, par où commencer ? Dans quel domaine agir ? Le travail est colossal, bien trop lourd pour nos petites épaules. Partout où nous posons les yeux, la nature est abîmée, les écosystèmes agonisent, le monde est en souffrance. Nous ne savons plus où regarder pour ne pas perdre pied. Nous nous essoufflons vite, parfois même avant d’avoir commencé. Alors, nous baissons les bras, dépassés. Démunis. Souvent touchés au cœur, déprimés, malades même lorsque l’impuissance est à son comble.

Pourquoi agir ?

L’être humain est frappé d’amnésie. Il a oublié l’essentiel. Outre l’apparition de l’agriculture, le Néolithique a vu la naissance de dualismes, dont un, très lourd de conséquences aujourd’hui : le couple être humain-nature s’est scindé. En se sédentarisant, l’humain s’est peu à peu éloigné de la nature. Il a appris à l’utiliser, à la manipuler jusqu’à la dominer. L’anthropocentrisme en vigueur aujourd’hui a complètement dissocié l’humain de Dame Nature. L’Homme considère désormais cette dernière comme un décor, quelque chose d’extérieur à lui, tout juste bon à être consommé. Mais il a oublié un détail crucial : l’être humain EST la nature. Il ne peut lui être supérieur, puisqu’il n’existe pas sans elle. Elle, par contre, depuis l’arrivée récente de ce trublion sur son sol, le tient contre son sein comme une mère protégeant son enfant, coûte que coûte. Mais elle n’a pas besoin de lui.

Comment agir ?

Le mouvement de pensée que représente l’écopsychologie est né d’une question : pourquoi les êtres humains détruisent-ils la Terre d’où ils viennent et dont ils ont besoin pour vivre ? Si la réponse nécessite d’explorer en profondeur les interrelations complexes entre la nature et la psyché humaine, l’une des pistes proposées est la reconnexion au soi écologique de l’écologie profonde comme défini par le philosophe et activiste norvégien Arne Naess : se reconnecter à soi pour augmenter notre sentiment d’appartenance et notre tendance à agir pour la vie. Au lieu de tenter de sauver ce qui se trouve en dehors de nous, si nous commencions par prendre le temps de nous poser, de respirer, de réaliser que la nature ne se situe pas seulement derrière nos baies vitrées, dans des parcs et des jardins, sur des cartes postales ou de l’autre côté du monde ? Si nous nous souvenions qu’elle est partout : dans l’air que nous respirons ; dans l’eau que nous buvons et qui compose 60 % de notre corps ; dans la nourriture que nous mangeons, assimilons, transformons […]

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