© Marion Rémi
« Gérer une famille, c’est comme gérer une entreprise », disait spontanément une maman1. « J’ai l’impression de chercher sans arrêt l’équilibre alimentaire, l’équilibre de sommeil, l’équilibre entre ma relation de couple et mon rôle de mère, et même l’équilibre dans l’amour que j’ai pour mes enfants. C’est épuisant ! » Cette recherche d’équilibre permanente s’appuie, entre autres, sur un sentiment de dépassement face à des situations qui nécessitent une certaine approche relationnelle et beaucoup de réflexion, voire l’intervention de quelqu’un lorsque les choses semblent « déséquilibrées ». Un portrait du quotidien qui peut, en effet, ressembler, à la gestion d’équipe, à une forme de management. Comment cela se passerait-il si, au lieu de chercher l’équilibre partout, nous focalisions notre attention sur ce que chaque individu dans une famille pourrait mettre en place pour un bien-être individuel ? En pratique, il est courant de se retrouver, en tant que parent, débordé d’émotions contradictoires, passer d’une grosse colère à un gros câlin réconfortant, faire des choix les uns après les autres et prendre de nombreuses petites décisions en une seule journée. Voici le récit de Pierre, papa de Paul, 5 ans, d’Agathe, 3 ans, et de Mahault, 3 mois, qui parle d’une recherche d’équilibre à plusieurs niveaux. Faisons le point sur ce que pourrait donner le fait d’avoir une nouvelle vision des situations afin de libérer l’esprit.

Une préoccupation légitime

« Paul et Agathe sont des enfants vivants et dynamiques. Depuis sa rentrée à l’école maternelle, Paul est un peu plus effacé tandis que sa sœur s’affirme de plus en plus, ce qui nous vaut régulièrement des “Agathe a un sacré caractère” », raconte Pierre. Si Paul n’était pas le frère d’Agathe, il serait tout simplement un enfant (vivant et dynamique comme d’autres enfants en bonne santé). La présence de sa sœur représente pour ses parents une référence pour accentuer un trait de tempérament chez Paul qui serait diamétralement opposé à un trait de tempérament d’Agathe. Sans aucune intention de faire des comparaisons, Pierre se fait du souci sur ce qu’une personne qui se montre « dirigeante » pourrait provoquer sur une autre qui se montrerait plutôt « condescendante, voire influençable ». Dans un autre article, je parlais de cette préoccupation chez les parents des fratries où le schéma des rôles « bourreau et victime », « chef et subordonné » s’installe dès que les deux enfants commencent à avoir des interactions, surtout verbales, entre eux. Parfois, les propres parents et l’entourage proche renforcent voire imposent inconsciemment des étiquettes.

L’équilibre malgré le stade de développement de chacun ?

« Au quotidien, nous essayons d’appliquer différentes propositions de Faber et Mazlish avec nos enfants mais ce n’est pas toujours aisé car Paul et Agathe n’en sont pas au même stade de leur développement. Paul a bien intégré la notion de consensus et le principe de la résolution de […]

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Mère d'un enfant né en 2003, diplômée en Communication, Je suis formatrice, organisatrice et animatrice d'ateliers divers dans le milieu associatif et pour parents et enfants bilingues. J'ai suivi les formations Faber et Mazlish et j’anime ces ateliers en français et en espagnol. En 2009, je participe à la rédaction du guide "Animer en langue maternelle, un jeu d’enfants !", outil de formation au sein de l’association D’une langue à l’autre.

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