© Sophie Elusse
Accompagner ses enfants dans le sommeil implique de rester avec eux le temps qu'ils s'endorment, que l'on vienne se recoucher auprès d'eux ensuite, que l'on attende le premier réveil en ayant commencé sa nuit dans un autre lit ou que l'on s'endorme avec eux. Quoiqu'il en soit, cela représente un laps de temps assez conséquent chaque soir. Alors, plutôt que de penser à tout ce qu'il me reste encore à faire ou à tout que je pourrais faire si mes enfants mettaient moins de temps à s'endormir, j'ai pris l'habitude de savourer ce moment comme une pause bienvenue dans un quotidien souvent mouvementé et riche en sollicitations.

Chez moi, l’endormissement des enfants est un moment propice à la détente et à la réflexion. Je dirais même que c'est un moment particulièrement attendu, le seul, parfois, qui me permet de faire une pause dans le tourbillon de journées toujours bien remplies. Entre vie de famille et travail à domicile (j'ai en effet fait le choix d'exercer mon activité depuis chez moi, ce qui me permet d'être le plus disponible possible pour mes enfants, mais ce qui implique aussi, bien souvent, une double journée puisqu'en effet la quasi totalité de mes soirées, une fois les enfants endormis, sont consacrées au travail), les pauses sont plutôt rares. Mes journées et mes soirées, en dehors de ce moment particulier pendant lequel je suis forcée à l’immobilité et à l’inaction, ne me laissent que rarement la possibilité de prendre le temps de réfléchir, de laisser mon esprit vagabonder. Alors, chaque soir, loin de considérer ce moment comme une corvée, je savoure le plaisir de me poser, et aussi celui de me retrouver.

Du temps pour eux, du temps pour moi, des instants à savourer

Après quelques histoires, une bonne dose de câlins et de bisous, le tout partagé avec leur frère aîné qui rejoint ensuite sa chambre, je laisse la plus grande de mes filles dans son lit pour m’installer avec la plus petite dans le sien. Elles partagent une grande chambre équipée de deux lits doubles ; ainsi elles peuvent se rejoindre l’une-l’autre dans leur lit si elles en ont envie et, lors des réveils nocturnes, cela nous permet aussi, à leur père et à moi, de nous installer confortablement auprès d'elles. Nous voilà donc toutes les trois étendues dans la pénombre. Tandis que la plus petite commence à téter, la plus grande me fait part de ses réflexions, revient sur certains moments de la journée ou me parle d'événements à venir. Puis vient le moment des berceuses, qu’elles me réclament sans exception chaque soir. J’entame alors mon répertoire, bien rôdé après bientôt douze ans de maternage ininterrompu. Parfois, l’une ou l’autre, parfois les deux, chante(nt) avec moi. J'aime ce moment que nous partageons et j'aime aussi l'idée de la transmission qu'il porte : beaucoup des chansons que je chante à mes enfants sont en effet celles qui ont bercé mon enfance. En […]

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