© Sophie Elusse
A priori, il n’y a rien de particulièrement stressant lorsque vous découvrez les premiers boutons de varicelle sur le ventre de votre enfant ou lorsque son nez est encombré. Cependant, vous appréhendez le moment où la visite chez le pédiatre devient indispensable. Votre enfant s’accroche au bord de la porte avec force tellement cette expérience est difficile pour lui ou elle. Nous croyons souvent, à tort, rassurer un enfant à l’aide de phrases qui nient le sentiment telles que: «Ne t’inquiète pas, ça ne va pas te faire si mal»; « Ce n’est pas la peine de faire tout un scandale pour ça, c’est seulement un médicament, il faut l’avaler, c’est pour ton bien». Joanna Faber et Julie King proposent la reconnaissance de la difficulté, de la douleur, du dégoût, de la peur afin de légitimer le ressenti de l’enfant. Par exemple, lorsque l’enfant doit prendre un médicament, le fait d’accepter que le breuvage est écœurant aiderait au moins à « mettre d’humeur à travailler » sur la recherche d’idées pour mieux accomplir la dure affaire, disent Faber et King, « Beurk, ce médicament te dégoûte vraiment […] Les médecins devraient boire ça avant de le faire boire aux enfants! Ils le cracheraient eux aussi! […] C’est une situation vraiment difficile. Comment pouvons-nous mettre ce médicament dégoûtant dans ton corps de la manière la moins dégoûtante possible ?1 » Si l’enfant sait parler, nous pouvons faire confiance en ses capacités et son imagination pour trouver de bonnes idées. S’il ne parle pas encore, nous pouvons proposer nous-mêmes quelques idées en essayant de se mettre à sa place. L’acceptation de la pénibilité de la situation aide davantage toute personne en souffrance, c’est une façon de la motiver à chercher en elle-même les ressources et la force nécessaires pour l’affronter.

Parler juste et donner de l’information

Julie, sage-femme et maman de deux petites filles âgées de 20 mois, raconte : « Lors d’une prise de sang pour ma fille, je lui ai beaucoup parlé, expliqué en y allant, disant que je serai avec elle, sans lui mentir, que cela ne serait sûrement pas un moment facile ni agréable mais que cela passerait vite. Elle était sur mes genoux, je l’ai entourée et beaucoup câlinée après et je lui ai dit qu’elle pouvait être fière d’elle. Pour les médicaments je laisse souvent mes filles prendre la pipette et on y va progressivement ». Certains parents, comme Julie, disent faire en sorte d’éviter les mensonges ou la banalisation de la douleur. Le jeu, oui, mais avec les mots justes lorsqu’il s’agit de la douleur. Par exemple, si l’on donne une seringue jouet à l’enfant, pour qu’il joue à faire une piqûre, le geste peut être accompagné de paroles qui parlent du fait réel, surtout si l’enfant n’a jamais reçu une piqûre : «Voici une seringue, c’est pour faire des piqûres, pour le faire en vrai il faut rajouter une aiguille et quand on pique cela fait mal un tout petit […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp !
Saisir votre nom ici svp

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.