© Guillemette Lepelletier

Je n’aborderai pas dans cet article le sujet des différentes pratiques sexuelles : ce n’est pas mon sujet et en outre ce n’est pas mon angle d’attaque pour présenter la sexualité aux enfants. Ils pratiqueront et exploreront ce qu’ils souhaiteront avec les personnes qu’ils aimeront quel que soit leur sexe : pour pouvoir le faire librement et sans tabous, le plus important, pour moi, c’est d’être à l’aise dans son corps et avec celui de l’autre. Ici je parle volontairement d’homme et de femme, donc des sexes opposés, non pas pour favoriser une sexualité hétérosexuelle plutôt qu’une autre mais parce que parler de sexualité, c’est, pour moi, parler de l’ensemble des mécanismes physiologiques qui concourent au rapprochement des sexes et à la reproduction de l’espèce1.

Pour savoir comment parler de sexualité à nos enfants, j’ai rencontré et interrogé des adultes particulièrement motivés à changer les croyances, à agir pour que nos enfants vivent une sexualité épanouie. Il y a ceux qui alertent sur les dangers de l’hypersexualisation et de la pornographie si facile d’accès, ceux qui apprennent à des adultes comment faire l’amour et enfin une experte en cycle menstruel. Leur point commun ? Considérer que comprendre son corps (son fonctionnement, ses sensations) et celui de l’autre sont à la base d’une éducation sexuelle positive pour une sexualité épanouie. Pour Danièle Flaumenbaum, gynécologue, acupunctrice et autrice, « Il faut que la sexualité comme la mort puissent se vivre et se parler dans la famille sinon on reste prisonnier de l’interdit de jouir pour les femmes et d’être coupé en deux pour les hommes.2 » Aujourd’hui, « les parents ne sont plus interdicteurs de sexualité mais ils sont tellement embarrassés par leur propre sexualité, ils ne savent pas parler de sexualité d’une façon simple, ils sont dans l’ignorance de ce qu’il faut dire.3 »

L’éducation sexuelle, c’est comprendre son corps, comprendre celui du sexe opposé et comment ils fonctionnent ensemble

Comme le précisent Anne de Labouret et Christophe Butstraen4, « Si on comprend l’éducation sexuelle comme la transmission d’informations permettant à l’adolescent d’acquérir un certain savoir-faire en matière de sexualité, le terme ne correspond plus à la réalité. Dans ce domaine particulier, nombre d’entre eux n’ont plus grand-chose à apprendre si Internet est passé par là. Nous pensons qu’en plus de l’“éducation sexuelle” proprement dite, il faudrait dispenser une information sur la pornographie pour déconstruire les clichés et les contenus auxquels les jeunes ont accès et leur permettre de comprendre que ces derniers ne représentent pas la réalité. » Pour éviter que leur savoir en matière de sexualité ne soit composé que de fausses informations glanées ici ou là, il nous faut parler, répondre à leurs questions et les légitimer dans leur […]

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