Nos enfants provoquent en nous des réactions qui nous étaient jusqu’alors inconnues et qui nous effraient parfois. Ils nous invitent à partir à la rencontre de nous-mêmes. Quel cadeau ! Et en même temps, nous voilà secoués et brutalisés. Ce livre démontre comment nous sommes amenés à grandir avec nos enfants, combien il nous est nécessaire de prendre conscience de notre héritage émotionnel commun pour grandir en confiance. Du défi d’être parent au quotidien à ses réalités comme la phase terrible des 2 ans, cet ouvrage aux mots justes est à mettre entre toutes les mains, qu’on soit déjà parent ou pas encore. Ceci afin de remettre la relation à notre enfant au centre de l’éducation bienveillante que nous souhaitons pour lui, puisque « L’éducation en conscience incarne des valeurs qui émanent directement de la relation1 » plutôt que de stratégies glanées ici et là. Face aux situations pénibles que nous rencontrons, posons-nous la question : « En quoi cette situation peut m’aider à grandir ? À quoi est-ce que je résiste ? Qu’est-ce que je dois lâcher pour évoluer ? Quel est l’objectif, derrière ce bouleversement dans ma vie, pour moi et pour les autres ? »

Aucun livre ne suffit à nous préparer à être parent, celui-ci ne fait pas exception : il faudra trier entre ce qui fait écho en vous et ce qui ne convient pas (il y en a forcément). Ce qui est évident, c’est que « nous commençons tous par élever nos enfants sans conscience » de ce que nous transmettons : notre histoire, nos émotions, nos besoins insatisfaits, notre « filiation invalidante »… Nombre de nos réponses sont automatiques et relèvent de notre interprétation, résultats de nos schémas enracinés. Pour l’auteure, « personne ne nous explique à quel point notre vie va changer quand nous serons parent. Personne ne nous avertit que l’amour qui nous lie à notre enfant peut faire voler notre cœur en éclats et nous attache à jamais à sa destinée. Personne ne nous explique que, si nous voulons être un parent conscient, la vie à laquelle nous étions habitués va prendre fin, ni que l’individu que nous pensions être va disparaître sous nos yeux. Personne ne nous prévient que nous devrons endurer la mort de notre ancienne identité sans avoir la moindre idée de la façon dont va émerger la personne que nous sommes ».

Face à ce nouveau-né dans nos bras, nous avons su nous adapter à un nouveau mode de communication basé sur d’autres signes que la parole : nous sommes donc capables de nous saisir d’une autre façon de savoir et de communiquer. Être parent autrement, c’est dans nos cordes à tous. Décider de devenir un parent conscient, c’est être à l’écoute de ses enfants bien sûr, mais aussi de soi-même et de ses attentes, en apprenant à mieux percevoir l’influence que nous avons sur nos enfants.

Entrer en contact avec soi-même

« On n’accepte son enfant que jusqu’au point où l’on s’accepte soi-même » : entrer en contact avec son enfant pour lui-même, dégagé de notre histoire personnelle, nous impose en préalable d’être aligné avec nous-même. Pour établir une relation authentique avec lui, il nous faut nous occuper de notre développement personnel. « Si nous voulons établir un autre genre de relations avec nos enfants, il faut être prêt à affronter et à résoudre ce qui, en nous, pose problème et provient de notre propre éducation ».

Se détacher de ses attentes

Celles-ci posent généralement plus de problèmes que la réalité elle-même. En arrivant à distinguer nos pensées de notre identité, nos croyances et nos interprétations sont invitées à se modifier. Nos actes en sont changés. Nous pouvons montrer à nos enfants notre acceptation des événements, de nos incertitudes, de nos maladresses, de nos défauts, de nos échecs : quel exemple et quel soulagement pour eux de pouvoir lâcher les questions d’image et de performance !

Percevoir son influence

Reconnaître quand notre réponse est juste ou non, quand elle est le résultat d’un conditionnement de notre enfance ou d’un positionnement tout puissant : là sont les premiers pas du parent conscient. De plus, « quand nos enfants nous voient placer les besoins des autres avant les nôtres, ils retiennent que les autres ont davantage de valeur ». Comment par notre exemple pouvons-nous alors leur permettre de cultiver une bonne confiance en eux ? En commençant par combler nos propres besoins « car on ne peut pas donner aux autres ce que l’on ne se donne pas à soi-même ».

Être à l’écoute

Pour savoir quels sont les sujets que nous avons à traiter personnellement, il nous suffit d’observer nos enfants : « en étant le miroir de notre inconscient, nos enfants nous font un cadeau d’une valeur inestimable. En nous donnant toutes ces occasions de reconnaître notre inconscient à chaque fois qu’il se manifeste, ils nous donnent l’opportunité de nous libérer des griffes du passé, de sorte que nous ne soyons plus gouvernés par les conditionnements de notre enfance. Nos enfants, parce qu’ils reflètent également nos succès et nos échecs dans cette aventure, nous montrent sans cesse dans quelle direction avancer. » En reconnaissant cette qualité chez nos enfants, nous pouvons mieux prendre le temps de vivre le moment présent et les honorer pour ce qu’ils sont. Retarder nos réactions à leur comportement en prenant le temps du discernement nous impose de nous interroger régulièrement sur ce qui motive notre parole.
« Comme cette aventure nous pousse dans nos retranchements, elle peut faire jaillir de nous le meilleur comme le pire. C’est pourquoi il est important de reconnaître à quel point la mission consistant à être parent est difficile ». « Il faut être une âme courageuse et désireuse de faire l’expérience de l’unité avec ses enfants. Nos enfants viennent à nous pour que nous reconnaissions nos blessures et affrontions courageusement les limites que ces blessures ont engendrées en nous. En découvrant comment notre passé nous dirige, on peut commencer à élever nos enfants avec une conscience accrue. Sans cela, on a beau essayer de mettre de la conscience dans notre façon de les élever, l’inconscient ressurgit à la moindre occasion ».

Quelques concepts clés traités dans cet ouvrage
– Les raisons spirituelles pour lesquelles nous mettons nos enfants au monde
– Libérer nos enfants de leur besoin d’approbation
– Une menace pour l’ego : notre attachement à l’ego
– Notre enfant nous fait grandir : l’héritage émotionnel
– Le défi d’une vie : la prime enfance et la phase terrible des 2 ans, les années d’école
– Être parent est une folie
– Des bases saines plutôt que des vieilles blessures
– Une famille fondée sur l’être : le moment présent
– La magie de l’ordinaire
– Laisser tomber nos attentes inconsidérées
– La conscience de nos enfants a besoin d’espace : moments de calme et gratitude
– Accorder à notre enfant notre présence pleine et entière : valider le comportement plutôt que l’être
– Comment faire face aux bêtises de nos enfants : transformer les erreurs en trésor
– Les deux ailes d’un aigle : la discipline et leurs besoins non satisfaits
– Comprendre notre héritage inconscient commun.

 


1  Toutes les citations de cet article sont tirées du livre Parents enfants, grandir ensemble (titre original : The conscious parent), Shefali Tsabary, Éditions Le Courrier du Livre (2016)

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