© Genoveva Desplas
Le planète est en danger ! C’est une phrase que les enfants d’aujourd’hui entendent souvent. Des petits Japonais ont devant eux les images des tsunamis dévastateurs, des petits Mexicains prennent leur douche en fonction des horaires de rationnement d’eau, des petits Français respirent le diesel pendant leurs promenades en ville. Que faire devant un enfant qui demande « Papa, c’est quoi l’écologie ? »Difficile de parler de certains sujets avec les enfants sans faire la morale, sans donner des leçons qui portent vers d’autres domaines comme l’économie ou la politique. Nous aimerions éviter également les longs discours culpabilisants ou la notion de sacrifice. Rappelons-nous d’abord que les enfants sont capables d’observer, de suivre l’exemple et de se responsabiliser eux-mêmes. Cela devient plus facile si nous laissons de côté notre position de « maître », celui qui a réponse à tout (en particulier quand ce n’est pas le cas), celui qui, du fait de nourrir et de loger quelqu’un, se permet de diriger aussi ses idées. Que se passe-t-il lorsque nous engageons une discussion avec un enfant en le laissant parler et réfléchir sur des sujets même complexes ?

L’obligation de répondre aux questions

Nous, parents, sommes parfois démunis quand les enfants nous posent des questions. Étant persuadés de « bien faire », nous nous sentons dans l’obligation de répondre. Nous croyons que cela fait partie de notre rôle de parents. Cependant, lorsque nous observons et entendons des dialogues entre un adulte et un enfant, nous avons des surprises. La plupart du temps, lorsqu’un enfant pose une question, sa motivation est poussée par sa curiosité et ses sentiments plus que par la recherche d’une vérité. Que se passe-t-il lors d’un dialogue où l’adulte croit « faire son travail » ? Sur des questions très objectives telle que « de quelle couleur est la robe de la dame assise devant nous ? », un enfant âgé de 20 mois saura accueillir la réponse d’un adulte qui lui dit « La robe de la dame est de couleur orange », il apprend des mots, les noms des couleurs. L’influence de l’adulte sur l’enfant est si présente que, si nous observions des scènes du quotidien sous cet angle, nous serions perplexes de voir à quel point les enfants, non seulement agissent (même par la négative) en fonction des demandes des adultes mais aussi apprennent et/ou s’habituent à recevoir la parole de l’adulte comme une vérité incontestable.

Comment répondre à des sujets complexes ou profonds sans influencer la pensée d’un enfant ?

Voyons un exemple : Samuel, 5 ans : « Papa, c’est quoi l’écologie ? Papa : « L’écologie, c’est prendre soin de la planète… Samuel : « Comme quand on met un pansement ? Papa : « Oui, euh… L’un des grands enseignements de l’approche présentée par Adele Faber et Elaine Mazlish, c’est le message profond du respect au droit de l’enfant d’avoir l’espace et la liberté de développer son autonomie en réfléchissant lui-même aux questions qu’il se […]

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