© Sophie Elusse
Il y a des parents qui, discrètement, avouent être dérangés quand leur enfant les repousse. Le refus de contact de la part de quelqu’un qu’on aime provoque un malaise. Ces parents témoignent se sentir délaissés, ignorés voire pas aimés par leur enfant lorsque celui-ci préfère l’autre parent. Les moments désagréables avec nos enfants perturbent nos pensées : « Ma fille me rejette, elle me déteste, elle est incroyablement ignoble avec moi. Je fais tout pour lui faire plaisir et voilà comme elle me remercie ». Le problème c’est que, derrière ces pensées, le jugement est inévitable. Non seulement le jugement de l’enfant, de sa personne, de ses sentiments, mais également l’auto-jugement : « Je suis un mauvais parent », « mon enfant me rejette », « Pauvre moi ! ». Comme c’est difficile de se positionner face aux sentiments perturbateurs de nos enfants et face aux nôtres !

Il ne veut jamais que ce soit moi qui le couche

La fréquence et la durée peuvent paraître plus soutenues que ce qu’elles sont en réalité tellement le refus pèse lourd dans notre cœur. Un parent peut imaginer que « jamais de la vie » son enfant ne voudra qu’il lui lise l’histoire du soir seulement parce que, depuis quelques jours, c’est avec l’autre parent qu’il préfère partager ce moment-là.

Quand le refus dure vraiment longtemps

Morgane, aujourd’hui maman d’un enfant de 2 ans, raconte un souvenir qui a laissé des traces : « Je devais avoir 6 ans. Un jour, lors d’une fête de famille, il était tard et ma mère m’obligeait à aller dormir dans la chambre de ma tante pendant que les adultes finissaient de jouer aux cartes. J’avais sommeil mais je ne voulais pas aller dans cette chambre car il y avait un grand miroir qui me faisait peur. Alors ma mère m’a grondée devant tout le monde en me disant que je ne pouvais pas rester avec les adultes, en disant quelque chose comme : “Tu n’as qu’à aller dormir dans la chambre de Tata, ce n’est pas compliqué, on te prendra dans les bras au moment de partir”. Ce qui m’a le plus marquée, c’est la réaction de mon père, il m’a assise sur ses genoux en me serrant fort. J’ai encore le souvenir de ce moment de complicité avec lui. Je me souviens du sentiment de colère contre ma mère. Sincèrement je ne pensais pas qu’une mauvaise anecdote comme celle-ci pouvait avoir autant d’impact dans ma relation avec ma mère. Mon père étant beaucoup plus câlin qu’elle, j’avais une préférence très évidente pour lui et ce jusqu’à l’âge adulte, même si en réalité ma relation avec ma mère n’a jamais été conflictuelle. Cette prise de conscience par rapport à ce souvenir lointain m’a permis de mieux comprendre les raisons du refus de mon fils envers son père qui se montre moins disponible pour des moments de forte complicité ».

Quelques pistes sur les causes du rejet

Les bébés peuvent parfois même pleurer fort quand leur père essaie de les prendre alors qu’ils sont dans les bras d’une maman […]

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