© Anne-Lise Girboux
Aujourd’hui on perçoit une tendance, qui, même si elle est loin d’être inédite puisque trouvant sa source dans les origines mêmes de l’humanité, qui fut nomade avant de se sédentariser, s’ancre dans la modernité et se développe à partir des paradoxes de notre société. Ainsi, les néo-nomades ne sont plus, comme leurs ancêtres, nomades par nécessité mais par choix. Ils se distinguent également des peuples nomades par tradition même s’ils peuvent, dans certains de leurs choix et pratiques, s’en inspirer. Ils réinventent un mode de vie caractérisé par la mobilité de leur habitat, faisant de leur véhicule leur maison et le choix d’une vie en marge de notre société dominée par des valeurs comme la vitesse, la possession et la sédentarité. Le nomadisme dans son acception première, c’est-à-dire un mode de vie qui se caractérise par le déplacement des groupes humains en vue de leur subsistance, ne représente une réalité que pour une part infime des habitants de la planète aujourd’hui. Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi. Pendant des centaines de milliers d’années, l’Homme a mené une vie nomade au gré des déplacements nécessités par son activité de chasseur-cueilleur. Ce n’est que dix mille ans avant notre ère qu’il commence à se sédentariser en se mettant à cultiver la terre et à domestiquer des animaux. Et il faudra attendre encore quatre mille ans avant que l’humanité connaisse une véritable révolution agricole, marquant le passage du paléolithique au néolithique. Or, si l’on considère que l’humanité a sept millions d’années, la période durant laquelle nous avons été sédentaires ne représente qu’une très courte période de notre temps de présence sur Terre. Ce qui revient à dire qu’à l’échelle de l’humanité nous avons été nomades durant la majorité de notre existence.

L’humain : un nomade dans l’âme ?

Nomade - Michèle Bernard, RYM Musique (1997).

Petit enfant nouveau-né Adore se promener Nomade Sur des hanches balancer Ou sur un ventre danser Nomade Petit enfant du désert Vogue, vogue sur sa mère Nomade Elle ne le pose jamais Le sable l’engloutirait Nomade Il ne sait rien des frontières Il marche avec la lumière Nomade Il a pour toute prison La ligne de l’horizon Nomade Maman, n’arrête jamais La promenade entamée Nomade Enfants, ne tuez jamais En vous ce désir nommé Nomade

Pour Noël Cannat, sociologue des « outsiders », « tout homme naît nomade doté d’un cerveau paléolithique aux aspirations verticales. C’est la société qui le “néolithise”, le sédentarise et l’urbanise1 ». Alors, même si, aujourd'hui, l'écrasante majorité de la population mondiale est sédentaire, il semble que l'être humain soit fondamentalement nomade. Son intelligence le porte en effet à communiquer, à échanger et donc à s'ouvrir à un ailleurs porteur de découvertes et potentiellement enrichissant. Dans la Rome antique, déjà, le développement d'un réseau physique dense de moyens commerciaux et de transport dans tout le pourtour méditerranéen jetait les bases de ce qui allait devenir le modèle planétaire que nous […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp !
Saisir votre nom ici svp

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.