© Sophie Elusse
Le monde de la parentalité n’a cessé d’évoluer vers une autre forme d’accompagnement de l’enfant. Ce changement de cap est certes lent et modeste, les parents tâtonnent encore à définir des valeurs qui leur sont propres, mais la transition est néanmoins palpable. Nous, les adultes, nous cherchons de nouvelles manières d’être et de nous positionner : nous parlons d’écoute des émotions, des besoins de l’enfant et des nôtres, de respect, de schémas transgénérationnels. Nous mettons en avant le bien-être émotionnel de nos enfants, qui deviennent au fil du temps de véritables partenaires de confiance pour garantir l’harmonie au sein du foyer familial. Ces démarches sont hautement bénéfiques mais elles s’avèrent souvent insuffisantes. Elles s’accompagnent en effet trop rarement d’une vraie réflexion sur l’impact négatif que peut avoir notre style de vie sur notre comportement. La période de maternage proximal passée, les parents ont tendance à oublier le côté fondamental du respect de la physiologie de leur enfant. En tant que naturopathe et consultante en parentalité, je m’intéresse à l’impact de notre manière de vivre sur les enfants et je rencontre régulièrement dans ma pratique des familles épuisées et pourtant pleines de bonne volonté, qui se mettent involontairement des bâtons dans les roues sans le savoir, tout simplement en vivant selon les codes de notre société contemporaine.

L’alimentation : cause de déséquilibres

Or, l’humain moderne est adapté à un environnement qui n’existe plus. Son organisme n’a que peu évolué depuis des centaines de milliers d’années alors que son écosystème s’est dernièrement métamorphosé. Il reste conforme à un mode de vie préhistorique : nomade, en contact constant avec la nature, nourri par une alimentation frugale et variée, essentiellement constituée de baies, de légumes racines et de feuilles, ainsi que de protéines animales occasionnelles. Le tout dans un milieu rigoureux et certes exigeant, mais doté d’un stress ponctuel face auquel il était possible d’agir et non de ce stress chronique latent qui nous détruit aujourd’hui à petit feu, nous laissant trop souvent démunis. Notre société actuelle avec son alimentation toxique et/ou pauvre en nutriments essentiels et de qualité, ses perturbateurs endocriniens, son hyperstimulation, sa pollution et son individualisme est totalement inadaptée à l’homme. L’enfant, du fait de son intense développement physique et intellectuel, y est particulièrement sensible. Tout cela nous affecte profondément sur le long terme en modifiant l’équilibre fragile de notre organisme et en impactant nos capacités de coopération, nos humeurs, la qualité de nos apprentissages, notre hypersensibilité éventuelle. Nous assistons également à une prévalence accrue d’autres déséquilibres : allergies, puberté précoce, difficultés d’attention chroniques, surpoids ou encore diabète de type II, maladies qui n’existaient quasiment pas chez les enfants il y a encore quarante ans.

Simplicité et lenteur

Pour parvenir à retrouver une vie plus saine, il nous faut envisager une prise en charge complète qui englobe non seulement un repositionnement positif et respectueux de notre part vis-à-vis de nos enfants mais aussi une réévaluation de nos priorités en matière d’environnement de […]

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