© Sophie Elusse
Cette année, mon fils, mon aîné, a eu 13 ans. L’occasion pour moi de faire un bilan, à un âge qui m’apparaît comme charnière, un peu comme un passage entre le monde de l’enfance, pas tout à fait quitté encore, et celui des adultes, pas tout à fait atteint non plus. Et ce que je constate, eh bien c’est que, malgré les apparences physiques, ce grand jeune homme a tout gardé, ou presque, du petit garçon qu’il était : curieux, sensible, spontané, enthousiaste et toujours prompt à manifester sa tendresse. Voilà treize ans, je devenais maman. J’éprouvais, pour la première fois, ce que j’avais si souvent lu, entendu, imaginé, sans toutefois le saisir ni le comprendre vraiment. Je posais sur toi, mon garçon, un regard émerveillé, empli de gratitude, tandis que mon cœur débordait littéralement d’amour. Un amour fou, illimité, comme jamais je n’en avais ressenti auparavant. Je me souviens de cette première nuit à la maternité, durant laquelle je n’ai pas réussi à dormir, tout occupée que j’étais à t’admirer, te caresser, te sentir, te découvrir. Je me sentais comme transportée sur une autre planète (et c’était le cas !), tout en ayant le sentiment (bientôt la certitude) que c’était un voyage sans retour : plus rien n’était et ne serait désormais comme avant.

Une belle continuité

J’ai eu d’autres enfants ensuite, deux filles. J’ai déjà décrit dans ces pages à quel point chaque naissance fut un bouleversement, comment chacune, à sa manière, m’a transformée et a fait de moi la mère que je suis aujourd’hui. Mais voilà, cette année, mon fils, mon premier bébé, a eu 13 ans. Et si, chaque année, je le vois grandir, constate à chacun de ses anniversaires combien il a évolué entre le précédent et celui-ci, cet anniversaire en particulier a représenté pour moi une étape. Comme s’il était passé, en quelque sorte, « de l’autre côté » : plus tout à fait un enfant, pas encore un adulte non plus, sans doute plus proche de ce que l’on nomme un adolescent. Voilà ce que j’ai sous les yeux quand je le regarde, quand je l’écoute, que j’observe son visage, dont les traits sont en train de changer, imperceptiblement, mais néanmoins sensiblement à mes yeux de maman, tout comme sa voix ne sonne plus tout à fait pareil à mes oreilles. J’éprouve alors un mélange de fierté (mon tout-petit, mon fils, mon bébé, mon enfant, est en train de devenir un jeune homme !) et de nostalgie (où sont passées ses boucles blondes ? Comment cette petite main qui disparaissait presque dans la mienne a-t-elle maintenant des doigts si longs ?). Et puis je fais la liste de tout ce qui me rend si fière et si heureuse d’être la maman de ce garçon, et je me rends compte que j’y retrouve nombre d’attitudes que j’associe à sa petite enfance, que, malgré son entrée dans le monde de l’adolescence, il n’a pas abandonnées, au contraire : il est toujours aussi […]

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