© Jenny Balmefrézol

Concilier notre triple vie de femme, mère et épouse n’est pas tous les jours aisé. Cela relève même d’un subtil dosage qui varie d’un moment à l’autre selon les besoins que l’on estime prioritaires. Et pourtant, l’essence même de cette triple vie est d’être une femme. C’est la puissance de notre corps qui nous conduit à pouvoir porter, materner ; c’est aussi elle qui nous appelle à être au service des autres sans nous sacrifier. Pour cela, je souhaite partager avec vous en quoi appartenir à un cercle de femmes m’aide au quotidien à respecter mon identité propre, celle d’être une femme libre et à l’écoute de mon corps.

Il y a deux années désormais que j’ai été invitée à intégrer un cercle de femmes. J’avais déjà entendu parler de ces groupes de paroles entre femmes sans vraiment en connaître le contenu, mais cela résonnait en moi. L’idée de nous retrouver entre femmes pour échanger sur notre féminité me plaisait. Je crois que cette invitation est arrivée au moment où j’en avais besoin (hasard ? pas vraiment…). Mes trois maternités en cinq années avec tout le package allaitement long, cododo, portage, tâches domestiques, congé parental, puis reprise du travail, tout cela en mode célibataire géographique, commençait à épuiser mes réserves d’énergie très sérieusement. Je mesurais que je ne prenais plus le temps de penser, de réfléchir pour observer qui j’étais ni celle que je devenais. Je me sentais spectatrice de ma vie spirituelle, intime et émotionnelle. Alors, cet appel de femmes m’a clairement vivifiée et m’a redonné de l’élan dans mes choix de mère, de femme et d’épouse. Je suis toujours une maman maternante à l’écoute des besoins de ma tribu mais en parallèle, mon cercle de femmes m’a permis voire m’a autorisée à rester également à l’écoute de mes besoins spécifiques de femme.

Qu’est-ce qu’un cercle de femmes ?

Je crois qu’il existe autant de définitions et de formes possibles que de cercles de femmes. En effet, ce sont les femmes qui créent l’âme du cercle auquel elles appartiennent. En revanche, je crois que de mettre en lumière l’énergie féminine dans son potentiel créateur et spirituel en lien avec la nature, de créer un esprit de sororité et d’accueil des émotions sans jugement sont les piliers de ces groupes de femmes. Rassemblées et connectées les unes aux autres, les femmes peuvent renouer en toute sérénité avec leur véritable essence.
Dans mon cercle
Chaque vendredi soir de semaine de pleine lune, nous avons rendez-vous toutes les six ou huit selon les disponibilités de chacune pour notre cercle de femmes. À cette occasion, chacune de nous choisit sa tenue vestimentaire, s’apprête, réfléchit au thème proposé, apporte des objets, des mots, des textes s’y référant, de quoi nourrir l’esprit. Chacune prépare également de quoi nourrir le corps avec des mets doux, savoureux et des thés ayurvédiques à partager en fin de cérémonie. Le cercle mensuel du vendredi représente pour moi une soirée tant spirituelle, philosophique qu’émotionnelle et naturelle entre femmes, bien différente d’une soirée entre amies. Les femmes de mon cercle ne sont ni mes amies ni mes copines, elles sont mes sœurs de cœur et d’esprit. Celles avec qui tous les sujets peuvent être abordés dans le respect de chacune, dans la plus belle puissance et la plus pure intimité féminines qui nous relient.
Chaque mois, deux volontaires parmi nous choisissent un thème qu’elles approfondissent puis qu’elles présentent. Assises en cercle, bougies allumées, nous prenons alors ensemble le temps d’y réfléchir, d’échanger à son sujet et de le ressentir. À la suite de cela, en lien ou non avec ledit thème, elles proposent une activité de création artistique ou littéraire et un temps de méditation guidée. Après ces heures passées ensemble à partager nos émotions, nos ressentis, à intérioriser notre féminité, à laisser libre cours à notre créativité puis à nous détendre et à rire, nous partageons les douceurs culinaires apportées par chacune et nous buvons du thé qui maintient cette belle douceur en nous. Ces étapes évoluent au fil de la soirée dans la fluidité et s’enchaînent avec des rituels que nous avons créés ensemble.
Ce moment de plénitude entre femmes, je le vis dans toute ma vérité. Il y est question de ma féminité, de mon corps, de mon intuition, de la puissance et de la force intérieure que je ressens. J’écoute la femme qui est en moi, celle qui me donne l’énergie d’agir, d’être et de penser librement. En respectant mes besoins spécifiques de femme.

Quelques thèmes de mon cercle

Chaque femme de mon cercle est libre de proposer un thème sur lequel elle souhaite prendre le temps de chercher, de réfléchir puis de le partager avec les autres sœurs. Parmi ces thèmes, la symbolique de la Lune et du Soleil, la jupe comme puissant élément circulaire féminin, la part masculine de chaque femme (son animus selon le psychologue Carl Gustav Jung1), les différentes fonctions du sein, les quatre saisons intérieures du cycle menstruel, etc. ont été partagés dans mon cercle.
J’ai choisi de vous donner ce joli texte sur lequel nous avons échangé lors d’un de nos cercles. Il s’agit d’un extrait de l’article « Les aspects solaires et lunaires du cycle menstruel2 » écrit par Maïtie Trélaün :
« […] La plupart des cycles naturels se révèlent par quatre manifestations universelles. Les quatre saisons correspondent à l’inclinaison de l’axe des pôles combinée à la révolution de la Terre autour du Soleil au cours de l’année. Les quatre orients, eux, sont créés par la rotation de la terre autour de son propre axe et autour du soleil durant la journée.
Le Soleil vu de la Terre a une forme immuable. La forme de la Lune, elle, évolue constamment et se manifeste sous quatre phases bien distinctes au cours d’une lunaison : nouvelle lune, lune croissante, pleine lune et lune décroissante qui sont dues à la position de la Lune par rapport au Soleil. Les phases lunaires sont d’ailleurs à l’origine de la longueur de la semaine et du mois.
Ainsi, l’Astre-Roi crée-t-il les quatre directions et les quatre saisons et son interaction avec la Lune le temps sur Terre.
Ces deux astres ou luminaires leur paraissant être l’un comme l’autre à la même distance de la Terre, les Anciens s’en servirent comme marqueur, l’un pour le jour, l’autre pour la nuit.
La longueur du cycle menstruel est calquée sur le cycle lunaire et les femmes étant constituées d’environ 15 % de plus d’eau que les hommes, elles sont par conséquence plus sensibles à la Lune. Sans doute est-ce pour ces deux raisons que la plupart des traditions ont identifié la femme à l’astre de nuit et par symétrie, l’homme à l’astre du jour. Et la nuit est destinée au monde du rêve, le jour au monde de l’action. […] »
Cette ode à notre Grand-mère Lune permet de mesurer la force et la magie du cycle menstruel et ainsi, de donner toute sa beauté à la période de saignement comme une source de souveraineté féminine et de puissance créatrice qui nous relie à la nature3. Mon cercle de femmes affirme ma fierté d’être née femme. Chaque mois, j’y puise une énergie nouvelle qui m’enrichit et qui me permet d’avancer toujours un peu plus loin. D’ailleurs, vivement la prochaine pleine lune et son vendredi !


https://www.cgjung.net/oeuvre/textes/animus
http://www.naitre-femme.com/articles/etre-femme/aspects-solaires-lunaires-cycle-menstruel 
Stella et le cercle de femmes : rituel de passage d’une adolescente, Maïtie Trélaün, Éditions Le Souffle d’Or (2011) est un bel ouvrage à lire en tant que femme et à offrir aux jeunes filles. Il est un bon moyen de vivre le cycle menstruel et d’accueillir les saignements avec bienveillance et sérénité.

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