© Suzon Auguste
Mes trois enfants, âgés de 6 ans et demi, 4 ans et 18 mois, aiment parfois grappiller des moments rien qu’eux et moi (ou leur papa), en tête à tête. Si le phénomène a toujours existé et qu’il est tout à fait normal, il s’est intensifié pendant le confinement du printemps 2020, à mon corps défendant parfois. J’aide mes enfants à s’endormir dans la chambre familiale, et parfois, je me relève ensuite pour avoir un moment « à moi » même s’il me sert à mettre à jour le repassage ! Le moment de l’endormissement des enfants dure parfois assez longtemps et j’essaie de bien attendre que tout le monde soit endormi avant de me faufiler hors de la chambre. Mais pendant le confinement, il n’était pas rare qu’un des trois, pas toujours le même, m’entende et peut-être même attende avec patience ce moment où il allait m’entendre bouger pour sortir du lit, et me demande de se relever avec moi. Je dois bien reconnaître que de nombreuses fois cela m’a agacée : je voulais un moment sans sollicitations, après des journées de promiscuité imposée et de nombreuses demandes des uns et des autres, se superposant et se contredisant souvent ! Alors me relever et profiter d’un moment de calme pour écrire un article, lire un roman ou même juste regarder un programme en replay à la télé, j’en rêvais ! Mais tel enfant n’avait pas réussi à s’endormir et se relevait avec moi, m’obligeant parfois à changer le programme que je m’étais fixé. J’étais dans la lutte, j’avais le sentiment qu’on m’enlevait quelque chose (que je méritais de surcroît). Et puis un soir, alors que mon fils était avec moi et finissait une activité donnée par l’école qu’il n’avait pas voulu faire dans la journée, j’ai (enfin) regardé ce moment différemment. Il était tout à son coloriage et me souriait, me demandait de regarder comme il avait bien fait. J’ai réalisé que ce moment-là pour lui était une chance, celle d’être avec moi tout seul, sans être interrompu par une de ses sœurs. Que c’était pour lui un instant privilégié et, en fait, pour moi aussi si je l’acceptais. Un autre soir, mon aînée s’est installée dans le canapé à côté de moi pour regarder la télévision, prévenue que je choisirais le programme et que je ne voulais pas qu’elle m’interrompe, elle s’est finalement endormie la tête sur mes genoux. La plus jeune, quant à elle, aime s’installer sur mes genoux et s’endormir en tétant pendant que je savoure un film... Et je me souviens que lorsqu’elle était bébé, elle se réveillait parfois très tôt le matin, et pour ne pas qu’elle réveille son frère et sa sœur, je venais m’allonger dans le salon pour l’allaiter, elle se rendormait et je regardais la lumière du jour se lever. J’aimais ces matins, ces moments d’intimité entre elle et moi, dans le silence et le […]

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J'ai découvert Grandir Autrement lorsque j'attendais ma fille aînée en 2013. Puis je suis passée de lectrice à adhérente de l'association et maintenant rédactrice depuis quelques années. Infirmière de formation, j'ai passé toute ma (courte) carrière dans un service de réanimation néonatale. Depuis la naissance de mes enfants je ne travaille plus en tant qu'infirmière et suis même en reconversion pour devenir doula. Devenir Maman m'a énormément appris et incitée à apprendre, comprendre... L'allaitement, le portage, les massages, le cododo, la recherche de la bienveillance, tous ces éléments ont été à la fois des aides pour devenir la main que je souhaitais être et des défis à relever. Je suis heureuse de pouvoir partager un peu de toutes mes découvertes et en faire encore et encore grâce à Grandir Autrement.

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