© Jenny Balmefrézol

On entend souvent dire que nos enfants sont des éponges émotionnelles. Effectivement, ils captent et ressentent nos émotions et doivent ensuite en faire quelque chose. Plus nous sommes agités ou détendus et plus il le seront également1. Les moments de tétée qui sont nombreux les premiers mois peuvent être de belles occasions de profiter d’un temps de détente et de sérénité, mettant alors de côté un instant notre agitation physique et mentale.

Lors des tétées nous sommes généralement assises, dans le calme, en lien avec notre bébé. On peut alors profiter de ce moment pour se détendre et se reposer2. Parfois, sachant que Bébé va s’endormir, notre mental commence à s’échapper, pensant alors à tout ce que l’on va faire une fois qu’il sera plongé dans le sommeil et que nous aurons les bras libres. Ce moment de tétée devient alors un moment d’agitation cérébrale que le bébé capte et, au lieu de se détendre, il s’agite également. Certaines fois nous établissons une liste mentale de toutes les tâches que nous devons faire afin de nous organiser ou d’être sûres de ne rien oublier. Face à cette liste, la sensation d’être débordée peut nous envahir. Certaines pensées nous viennent alors comme « je n’arriverai jamais à tout faire » ou « si elle ne s’endort pas tout de suite, je ne pourrai pas faire le repas avant que les grands ne rentrent de l’école », etc. Le bébé sent que nous avons envie qu’il s’endorme rapidement et cela provoque souvent l’effet inverse. Dans ce cas, plus l’endormissement va être long et plus nous perdons patience, allant parfois jusqu’à l’exaspération. Et c’est une boucle qui commence… Maman est pressée que Bébé dorme et cesse de téter et Bébé s’agite car il ressent la hâte de sa mère. Il pressent que nous avons l’intention de le poser pour vaquer à nos occupations et cela ne le rassure pas et ne lui permet pas de s’endormir sereinement. Non pas que la tétée ne soit pas un moment de plaisir mais la vie est ainsi faite que nous avons toujours beaucoup de choses à faire.

Méditation et allaitement

Le concept que je vous propose consiste à profiter de ce moment de pause physique pour pratiquer un temps de méditation avec pour objectif de stopper notre agitation cérébrale, apportant quiétude et apaisement au duo mère-enfant. Cela a bien souvent pour effet d’entraîner bébé dans un sommeil profond et serein. A contrario, plus nous sommes stressées, plus le bébé se réveillera rapidement3. Dans nos vies de mamans, nous n’avons pas toujours la possibilité de pratiquer la méditation. Il n’est parfois pas simple de trouver le temps ou le moment propice. Les journées sont souvent bien remplies et quand le soir arrive, nombreuses sont celles qui sont trop fatiguées pour ne pas sombrer dans le sommeil plutôt que de s’astreindre à la méditation, même convaincues de ses bénéfices.

Médita… Quoi ?

La méditation peut vous donner une sensation de calme, de paix intérieure et d’équilibre qui peut profiter à la fois à votre bien-être émotionnel et à votre santé globale. De plus ces bienfaits ne s’arrêtent pas avec la séance. C’est une pratique présente dans de nombreuses religions sous différentes formes. Néanmoins, c’est une expérience accessible à tous, croyants ou non. Il n’y a pas de règles à proprement parler et il existe différents procédés et courants de méditation4. Le but est donc ici de trouver ou d’inventer la pratique qui vous correspond. Dans le cadre de la méditation pendant l’allaitement, on parlera plus facilement d’un état méditatif. Car nous serons conscientes que nous pourrons être perturbées à tout moment et qu’une partie de notre esprit restera alerte, prête à réagir pour répondre aux besoins de notre bébé.

Les bénéfices

On alloue à la méditation grand nombre de vertus, voici les plus connues. Elle améliore la gestion des émotions, la concentration, réduit le stress, aide au contrôle de l’anxiété, apporte un bien-être émotionnel, améliore la conscience de soi et le sommeil. Elle aide à contrôler la douleur, apporte un plus grand calme, même dans l’adversité, améliore la mémoire, accroît la créativité et contribue au développement personnel. Elle est aussi une aide pour la santé (notamment en cas de maladie), améliore la connexion entre les différentes régions du cerveau, aide à surmonter une dépendance.

Comment s’y prendre ? Voici quatre petites choses qui peuvent vous aider :

1 Créez un environnement propice : installez-vous confortablement. Vous pouvez éventuellement choisir d’avoir cette pratique dans un endroit précis, toujours le même, auquel cas vous pourrez créer une ambiance particulière avec des objets personnels, des pierres, des tissus, etc. Vous pouvez également ne rien changer à votre maison et le faire n’importe où, cela fonctionne aussi très bien, à vous de voir.

2 Relaxez-vous, détendez-vous le plus possible, physiquement et mentalement.

3 Choisissez une posture confortable que vous pouvez tenir. Lors de l’allaitement, il est conseillé de choisir une position confortable où le corps n’est pas en tension. La position du lotus est très connue mais vous pouvez pratiquer la méditation dans n’importe quelle position, debout, assise, couchée, les yeux fermés ou ouverts, etc. L’important est de trouver une position stable qui vous correspond et dans laquelle vous vous sentez à l’aise.

4 Libérez au maximum votre esprit. Laissez vos émotions et vos pensées aller et venir sans vous y accrocher. Qu’elles soient positives ou négatives, ne les jugez pas, ne vous y accrochez pas. Regardez-les passer sans vous y attarder. Si besoin, vous pouvez vous concentrer sur une chose en particulier comme votre respiration, une partie de votre corps, une phrase, un mantra ou une bougie en la fixant des yeux. Ainsi, avec le temps, vous réussirez petit à petit à faire le vide dans votre esprit. Vous ressentirez alors davantage les bienfaits de la méditation.

Chacune à notre échelle

Durant la méditation, lorsque vous êtes submergée par des pensées, des émotions, que votre cerveau reprend son tourbillon habituel, ne vous jugez pas, ne vous culpabilisez pas. Laissez-les partir, recentrez-vous sur le moment présent, accrochez votre attention à un détail (respiration, sensation physique, etc.). Au début, vous vous laisserez certainement souvent emporter par vos pensées, mais ne vous découragez pas. Plus vous pratiquerez et plus vous parviendrez à faire le vide et à stopper l’agitation pour votre bénéfice et celui de Bébé !


1 Cela ne veut pas dire que tout est lié à nos émotions, ils vivent bien sûr les événements de leurs vies aussi par eux-mêmes.
2 Si l’allaitement le permet car parfois les tétées ne sont pas simples s’il y a une difficulté avec l’allaitement. Voir l’article « Les difficultés de l’allaitement : où trouver de l’aide ? », Grandir Autrement n° 71.
3 Je ne veux pas dire que si votre bébé a un sommeil agité ou avec des plages courtes, c’est forcément parce que vous êtes agitée, loin de là, il peut y avoir une multitude de raisons qui engendrent cela.
4 De nombreux auteurs ont écrit sur la méditation, de ce fait il existe une abondance d’ouvrages sérieux et passionnants sur le sujet. Citons notamment Méditation, Apaiser l’esprit, Osho, Éditions Jouvence (2018) et L’Art de la méditation, Matthieu Ricard, Éditions Pocket (2010).

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