© stux on Pixabay
Depuis plusieurs années, je m'intéresse à la pleine conscience. Cette pratique, que je ne connaissais pas avant, et qui ne me parlait pas plus que ça, a pris de plus en plus de place dans ma vie. Et ce, dans différents domaines, y compris dans la cuisine et en ce qui concerne les repas. À ma grande surprise, la pleine conscience concerne des éléments tout à fait prosaïques de mon quotidien. Avant, je pensais qu'il s'agissait d'un état de méditation dans lequel il fallait se mettre grâce à certaines conditions, comme le lieu, la position, les vêtements même. Mais pas du tout. Au fil de mes lectures mais aussi en contemplant attentivement mes enfants et ma propre vie, je me suis rendu compte que la pleine conscience pouvait s'appliquer n'importe quand, dans n'importe quel domaine. Prenons la nourriture, par exemple : cuisiner et manger. Jamais, il y a quelques années, je n'aurais pu imaginer conjuguer ces deux termes : méditer et manger. Et pourtant ! C'est notamment en observant mes six enfants, que j'ai réalisé beaucoup de choses à ce sujet. Je pense en particulier à ma cadette. Elle a toujours mangé vite, très vite même (même si cela va mieux). Mais pas que. Je dirais qu'elle mangeait « angoissée ». Autrement dit l'acte de se nourrir était quelque chose de très nerveux chez elle. Quand on observait ses gestes avec attention, on était frappé par une certaine cadence et par le regard qu'elle avait, loin de nous. On aurait dit un petit écureuil affamé ou un enfant qui n'aurait pas mangé depuis deux jours. Elle était presque crispée, concentrée à l'excès sur le fait de manger le plus rapidement possible, comme si à chaque instant on allait lui reprendre son assiette. Pour plaisanter, mon Amoureux disait souvent qu'elle avait dû connaître la faim, la famine, la vraie, dans une autre vie. Et en vérité, ça y ressemblait fort. Mais en observant ma cadette, j'ai appris beaucoup de choses. En l'aidant à ralentir, j'ai ralenti moi aussi. Car je ne suis pas exemplaire non plus.

Comment ai-je procédé ?

J'ai essayé de la déstresser, de ralentir son rythme en lui proposant de savourer davantage ce qu'elle mangeait. Je lui ai parlé de la nature, de tout ce soleil et de toute cette eau qu'il a fallu pour faire gonfler les tomates, pour faire blondir les champs de blé ou pour multiplier les pommes de terre dans le secret de la terre. Je lui ai aussi parlé des gens qui ont arrosé, biné, moissonné, cueilli tous ces fruits et légumes. Et je lui ai doucement glissé qu'il a aussi fallu du temps et de l'amour pour que je les lave, les découpe, les cuisine, les serve. Bien entendu, il ne s'agit pas de rentrer dans une démarche de culpabilisation de l'enfant ou du parent. Il ne s'agit pas non plus de remplacer le « mange tes légumes, sinon tu restes à table » par « respecte tes légumes sinon tu ne quittes pas la table  […]

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