© Aziliz Musacchia@simple_et_nature
Naître mère et être seule. Mais en réalité, ne plus jamais être seule, puisque tout le reste de la vie sera partagé avec cette enfant. Ce constat a eu lieu dès le début de ma grossesse. « Je ne serai plus jamais vraiment seule », et sincèrement, cette pensée me réconfortait. Quoi qu’il se passera, quelque part, il y aura quelqu’un vers qui iront mes pensées et mon amour. Le vide cessait et voir mon ventre s’arrondir me remplissait de plus en plus d’émotions, de sérénité, de plénitude. Jusqu’à ce que la bulle éclate. Dans un mois, cette enfant sera dans mes bras. Neuf mois paraissaient si longs et pourtant, la fin était déjà si proche. Il n’y avait plus de risque. Je savais qu’elle irait bien à la naissance. J’avais confiance en nous, ensemble... Mais je ne saurais pas dater précisément ce moment où la matrescence a commencé. La personne que j’étais en tant qu’adulte s’est reliée avec l’enfant que j’étais. Je savais exactement où j’allais, comment le faire et ce qui risquait de se passer. J’avais prévu le coup : je serai entourée par des proches les premiers jours et durant les deux premières semaines, au moins. N’ayant pas de partenaire, j’avais anticipé mes réserves alimentaires, mais aussi acquis les connaissances nécessaires pour vivre au mieux le quatrième trimestre.

Seule ou entourée

La naissance se produit. Je découvre alors que la bulle n’a pas pu exister car il n’y avait pas de barrière entre l’extérieur et l’état de lâcher-prise offrant un enfantement en pleine puissance. Mais j’ai résisté. J’ai aussi résisté aux visites à la maternité... J’ai sollicité tant et tant les sages-femmes pour m’assurer des mises au sein pour démarrer l’allaitement. La théorie a laissé place à la mise en pratique et je me sentais sûre de moi... Pour autant que personne ne posait son regard sur nous. Mais voilà, j’avais prévu d’être entourée. Au lieu de me sentir plus forte, je me suis souvent sentie fragile, voire remise en question. Entre la chute hormonale et l’inconfort relationnel, je n’avais qu’une hâte, pavée de craintes : être seule. Non, être juste ensemble : elle et moi. Et ce fut le cas alors qu’elle avait 4 jours, nous avons passé une première nuit, puis une demi-journée, seules. Pour la première fois, je me suis sentie libre et puissante. Je parvenais, comme je l’avais prévu, à m’occuper de cette enfant et à m’occuper de moi simultanément. Tout prenait un temps infini, je passais un temps incroyable à la contempler et à vivre en pleine conscience. Je me suis sentie compétente et autosuffisante : ma fille a subsisté grâce à mon lait, j’ai réussi à manger à ma faim, nous avons dormi collées l’une à l’autre et avons vécu en symbiose toute la journée. L’allaitement fut un des leviers majeurs de mon sentiment de compétence. Tout apparut si simple et si […]

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