© Aude Gertou
Pendant le confinement de ce printemps, sur Internet, on a pu voir fleurir les idées d’activités, les liens de films pour enfants en libre accès, de sites de coloriages à imprimer, mais aussi les messages désespérés de parents qui ne savaient plus quoi faire avec leurs enfants ni comment les occuper. Je vous avoue qu’en tant que mère de trois enfants non-scolarisés en unschooling, je me suis sentie très loin de tout ceci. Loin de moi l’idée de critiquer les parents qui se sont sentis en difficulté pour « occuper » leurs enfants pendant ce confinement, et je sais qu’il y en a parmi vous. J’avais simplement envie de vous partager mes réflexions sur ce que ce confinement a mis en lumière sur ce que beaucoup de familles vivent au quotidien.

Les enfants s’occupent tout seuls si on leur en laisse la possibilité

N’en déplaise à notre belle société qui pense que les enfants doivent être confinés dans un cadre (l’école), de leurs 3 ans à leurs 18 ans (pour aller ensuite dans un autre cadre qui est celui du travail), un enfant sait très bien s’occuper seul si on ne le dépouille pas de son autonomie. Il suffit pour le savoir d’observer un bambin : il n’a pas besoin qu’on lui désigne un jeu, ni qu’on joue avec lui, il se débrouille très bien tout seul, du moment qu’il sait qu’il a une présence bienveillante auprès de lui. Pourquoi cette autonomie disparaîtrait-elle quand l’enfant atteint l’âge d’aller à l’école ? Pourtant, certains parents se plaignent d’être très sollicités par leurs enfants, qui ne savent pas quoi faire, qui s’ennuient, qui ne peuvent rien faire seuls. Et effectivement, beaucoup d’enfants ont perdu leur autonomie, ils ne savent plus prendre en main leur temps, et pour cause : on les en a dépossédés. L’école, et parfois même avant, la crèche ou leur nounou, choisissent ce qu’ils vont faire, où, et à quelle heure, et parfois même avec qui. Quand les enfants rentrent chez eux, ils sont pris dans la course de fin de journée, goûter/devoirs/bain/repas/coucher, et s’ils ont du temps libre il est court et souvent passé devant un écran. Et on ne peut blâmer ni les enfants, qui sont fatigués et ont envie de « déconnecter », ni les parents, qui eux aussi sont dans la course et sont pris par la préparation du repas, du bain, etc. Or, quand comme moi, on vit avec trois enfants unschoolers qui n’ont pas d’activités imposées, on se rend compte que les apprentissages et le jeu autonome ne sont pas que des théories en vogue mais bien une réalité. Et j’en ai mesuré tous les bienfaits pendant ce confinement où j’ai lu tant de témoignages de parents en difficulté. Mes enfants, je ne les occupe pas. C’est pourquoi j’ai parfois souri, parfois été agacée, quand on m’envoyait des mails avec des ressources pour occuper ma tribu pendant le confinement. Agacée car pour […]

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