© Camille Masset Stiegler
Thibaut est père de trois enfants de 5, 4 et 1 ans. Il est jeune papa, en plein dans les problématiques liées à la petite enfance et à la découverte de la parentalité. Et comme tout jeune parent, il se questionne. Si les femmes échangent souvent facilement entre elles et ont généralement des occasions pour se réunir ou pour rencontrer de nouvelles personnes, les hommes en revanche semblent manquer de moments pour parler de leur condition de père. Pudeur, timidité, virilité mal placée ? Thibaut a accepté de nous parler de sa propre expérience.Grandir Autrement : La parentalité n’est pas chose facile. Les femmes en parlent aisément entre elles, comment ça se passe entre hommes ? Est-ce que ce sont des sujets abordés entre collègues, par exemple ? Thibaut : Ça arrive qu’on aborde le sujet mais c’est très rare. Ce n’est pas le sujet principal du tout.Pourtant tu fréquentes beaucoup de parents, pourquoi vous n’en parlez pas ? On parle pas mal de pédagogie avec mes collègues car c’est une thématique qui touche à mon travail (je suis formateur) mais on n’a pas vraiment le temps de parler de nos enfants, ou de notre vie de père. en fait ce ne sont pas des choses dont on discute naturellement.Pourquoi selon toi est-il plus difficile pour les pères de se livrer ? Par convention en fait. Dans nos sociétés, on ne parle pas de la parentalité du point de vue des pères. Ce n’est pas que c’est mal vu mais peut-être que la sphère privée est plus importante du côté des hommes, les femmes ont plus de facilité à se libérer. Pour les hommes, l’expérience de la parentalité est très privée, très personnelle.Donc tu ne parles pas de toi, de tes difficultés en tant que père ? En fait je parle assez facilement si je suis face à la bonne personne, mais c’est rare. Je pense que l’expression des sentiments chez les hommes est bridée. Un homme doit dans notre société représenter quelqu’un de fort qui ne laisse pas transparaître ses émotions. On évolue mais il y a toujours des combats de coqs entre hommes, il faut être un dur. Du coup on est conditionné à garder une carapace.Mais la société évolue, on sort de cette image du père traditionnelle et des clichés sur l’homme insensible… La société évolue, oui, mais lentement. Il reste des séquelles. Peut-être que nos enfants réussiront à échanger mieux que nous. À parler d’intimité. Car la relation à l’enfant, c’est du domaine de l’intime.Et est-ce que tu te sentirais plus à l’aise à l’idée de parler de ta paternité à une femme ? Oui, la plupart du temps je suis plus à l’aise avec une femme. Je pense qu’il est plus facile de se livrer à une femme qu’à un homme. Avec un autre homme j’aurais trop peur du jugement, de la compétition. Je pense que les femmes sont plus tolérantes envers la sensibilité des […]

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