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Mes chères concitoyennes, Mes chers concitoyens,
Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale,
Mesdames et Messieurs les élus,

Hier, j’ai suivi avec consternation les débats sur le projet de loi « Pour une école de la confiance ».
En effet, hier, il était question d’instruction en famille et j’ai été désolée de constater à quel point peurs et préjugés étaient présents.
Lorsque l’Assemblée a balayé toutes les demandes des familles sans école, nous avons placé tous nos espoirs dans le Sénat.
Le Sénat a reconnu l’importance d’un aménagement possible pour les petits de trois ans qui seront scolarisés, l’importance d’une rentrée en douceur. Cet aménagement dépendra cependant du bon vouloir de l’équipe éducative.
Je continue de penser que l’instruction obligatoire est une mauvaise idée, mauvaise idée pour les enfants scolarisés qui n’auront plus la liberté de grandir à leur rythme. Mauvaise idée pour nos petits sans école qui devront vivre des contrôles dès 3 ans.
Lors des débats, il a été question de la mauvaise volonté des familles lors de ces contrôles. Il n’a jamais été question de la mauvaise volonté de certaines personnes en charge du contrôle et pourtant c’est une réalité sur laquelle je ne cesse d’alerter, sur laquelle les associations ne cessent d’alerter depuis des années ! Ce matin encore, une maman expliquait que sa fille en situation de phobie scolaire avait vécu un contrôle cassant visant à lui démontrer qu’elle n’apprend rien. Comment l’enfant peut-elle se reconstruire ?!
C’est ensemble que nous avancerons.

Les familles sans école ne sont pas les ennemies de l’État.

Sans arrêt lors des échanges, il est question de menace terroriste. Or aucun terroriste n’a été instruit en famille, ils ont grandi à l’école.
Il est question de possible manque d’instruction. Or selon les données de la journée du citoyen, 1 jeune sur 10 lit un mot sur deux ! Étant donné le faible nombre de jeunes ayant grandi sans école, ce n’est pas l’instruction en famille qui est en cause. Des études tendent à démontrer que l’instruction en famille permet d’obtenir de bons résultats et pour cause, la pédagogie est individualisée !
Les enseignants de bonne volonté sont de plus en plus nombreux. Ils cherchent, veulent être mieux formés et c’est tant mieux.
La réalité est qu’environ 85 % des familles choisissent l’instruction en famille afin de mieux respecter le rythme d’apprentissage de leur enfant, la réalité est que la majorité des familles qui déscolarisent le font en raison de souffrances scolaires de leur enfant !
Hier le Sénat a voté à propos de l’instruction en famille :

  • Instruction obligatoire à partir de 3 ans. Comment seront contrôlés les enfants ? On nous promet la plus grande bienveillance. L’expérience nous a pourtant montré que ce n’est pas toujours le cas. Quelles incidences auront des contrôles cassants sur des enfants si jeunes ? Ne pouvez-vous comprendre les inquiétudes des familles alors que toutes les demandes de discussion sont écartées ?
  • Modalités choisies unilatéralement par l’inspection académique. Si la famille ne suit ni les programmes ni les méthodes de l’éducation nationale, si l’inspection académique entreprend d’imposer trois heures de test à un enfant de 8 ans (oui cela se pratique), ce sera possible. La famille n’aura rien à dire !
  • Adaptation à l’enfant uniquement si l’enfant a un problème de santé invalidant ou est reconnu handicapé. C’est méconnaître les troubles d’apprentissage, le temps souvent long pour un diagnostic. Et en attendant ? Que font familles et enfants ? Puisque les modalités seront choisies unilatéralement, l’inspecteur peut tout imposer et nier la souffrance et les difficultés de l’enfant. Il peut imposer un second contrôle, imposer une injonction de scolarisation parce qu’il refuse d’admettre le trouble d’apprentissage, y compris s’il est évident mais pas encore diagnostiqué. C’est une réalité déjà vécue par trop d’enfants !
  • La liberté pédagogique ? Quelle liberté pédagogique ? Celle-ci est la grande absente de ce projet où il est question des attendus des cycles, des modalités uniquement choisies par l’inspection académique. La liberté pédagogique est pourtant un droit, mais également une nécessité pour bien des enfants ! Si l’instruction en famille se développe, ce n’est pas pour une question de religion comme on nous l’assène, c’est parce que les enfants ont BESOIN d’apprendre autrement.

Quel avenir voulons-nous pour nos enfants ? Pour notre pays ?
Un avenir de méfiance, d’intolérance face à des choix différents ?
Ou un avenir tourné vers la tolérance, une meilleure inclusion, vers l’échange ?
Si, comme moi, vous préférez l’option tolérance alors cessons de juger l’instruction en famille a priori, avançons main dans la main.
Enfin.
Je vous prie d’agréer, mes chères concitoyens et mes chers concitoyens, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs les élus, l’expression de ma haute considération.

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