À chaque rentrée des classes, confier son enfant à un enseignant1 n’est pas chose facile. Après les interrogations sur la réussite scolaire, c’est surtout l’inquiétude de savoir « si la maîtresse est gentille et si elle va savoir s’adapter » qui préoccupe les enfants et leurs parents. Les professeurs aussi se posent des questions : « les enfants seront-ils sympathiques ? Comment vais-je réussir à aider chacun d’entre eux à acquérir de nouvelles compétences ? Et leurs parents, me feront-ils confiance dans la pédagogie que j’ai choisie ? ».

L’enfant scolarisé en primaire passe au minimum six heures par jour à l’école, ce qui signifie que les enfants passent souvent plus de temps avec leur professeur – et les adultes de l’école en général – qu’avec leurs parents (sans compter ceux qui vont à la garderie, au périscolaire, à la cantine et/ou à l’étude). Les adultes de l’école font partie de son univers et, à ce titre, tout conflit avec l’un d’entre eux peut bouleverser ses repères. Quoi de plus déstabilisant pour l’enfant que de constater des désaccords entre les adultes qui doivent prendre le relais les uns des autres selon les moments de sa journée ? Sur un plan scolaire, l’enfant passe une très grande partie de sa journée avec son professeur. Il n’est pas possible de dissocier le goût de l’effort, la motivation à apprendre, l’envie de réussir son « métier » d’élève avec la confiance que placent ses parents dans les choix de son enseignant et, en parallèle, il n’est pas possible de dissocier l’investissement de l’enfant avec le regard plein de soutien et d’accompagnement que l’enseignant place dans sa famille. L’enfant est au centre des relations entre son professeur et ses parents, c’est pour lui que les adultes de l’école et particulièrement son enseignant, ont à se rencontrer et à coopérer.

Peu de temps pour se découvrir et s’accorder

À chaque début d’année, les professeurs doivent constituer leur groupe-classe, s’adapter à tous et à chacun, accueillir, connaître et reconnaître chaque enfant. Plusieurs enquêtes2 montrent la grande fatigue des enseignants de primaire lors des premières semaines d’école, le temps notamment de constituer une « classe qui roule ». Cela suppose un travail qui n’est pas seulement pédagogique ou didactique, mais aussi émotionnel et relationnel. Dès les premières semaines, les parents se font une idée de l’enseignant de leur enfant avec ce que celui-ci leur raconte éventuellement de sa journée d’école, ou encore avec la quantité et la qualité du travail demandé, ou bien avec les annotations sur ses fiches ou sur ses cahiers. Le professeur doit quant à lui découvrir rapidement les besoins spécifiques de chacun de ses élèves sans connaître les maillons de son histoire personnelle. Dans ces délais, on peut admettre que des malaises, des malentendus ou des incompréhensions prennent vite le dessus. D’un côté, la famille peut s’interroger sur ce que son enfant lui […]

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