© Adelle Tabouelle
Les grossesses sont souvent un moment où de nombreux souvenirs (secrets parfois) familiaux qui n’étaient absolument jamais évoqués refont surface. Lorsqu’une femme est enceinte, les femmes de la famille, en particulier sa mère, et parfois sa belle-mère, évoquent plus volontiers avec elle leur propre expérience de la grossesse, de l’accouchement et leurs débuts de maternité. Comment la relation peut-elle évoluer dans ces circonstances ? Et comment garder le meilleur de ces confidences sans se charger du poids de toutes les difficultés passées ou au contraire sentir la pression de faire aussi bien et avec autant de facilité que les générations précédentes ? La grossesse redistribue les places de chacune, la mère d’une mère n’est plus la mère d’une enfant. Quelle place nouvelle prendre auprès de sa fille qui devient mère ? Quelle place aura-t-elle auprès de cet enfant ? Pourra-t-elle éviter à sa fille ou belle-fille les écueils auxquels elle s’est heurtée ? Et paradoxalement n’y aurait-il pas une sorte d’injustice à ce que sa fille soit complètement épargnée, s’en sorte « mieux » qu’elle en son temps ? Les questions qui se posent de part et d’autre sont nombreuses et de nature à faire évoluer la relation puisque les protagonistes évoluent.

Une complicité nouvelle ?

Si nous évoquons délibérément les femmes dans cet article, ce n’est pas pour écarter les hommes ou leur dénier toute influence mais il est clair que c’est plus du côté des femmes que les choses se jouent à ce moment-là. Les expériences de la grossesse, de l’enfantement et des suites de couches étant profondément féminines, et marquantes dans la vie d’une femme, toute la lignée féminine se sent « concernée » par la grossesse d’une femme de la lignée. La relation qu’entretiennent les deux femmes avant toute grossesse joue bien sûr un rôle dans la manière dont seront entendus les récits, conseils, etc. Il peut en résulter une relation plus proche entre la femme enceinte et sa mère ou sa belle-mère si chacune se sent écoutée et respectée, mais pas nécessairement. Les qualités d’écoute bienveillante de la future grand-mère vont être précieuses dans cette relation de transmission de femme à femme. Dans le cas contraire, certains fossés risquent de se creuser parfois durablement, venant bien souvent exacerber des tensions préexistantes.

Transmissions : les accepter ou pas

Il est parfois très intéressant de s’entendre raconter sa propre naissance, par exemple. Des blocages peuvent être identifiés, explicités, mieux compris et ainsi plus facilement levés. Certaines femmes, ainsi, questionnent leurs mères mais aussi parfois leurs grands-mères, tantes, etc. pour tenter de comprendre d’où leur vient telle ou telle peur.  Réaliser qu’un événement que redoute la femme enceinte est en fait une résurgence de l’histoire familiale peut l’aider à décider qu’elle ne perpétuera pas cette « tradition ». Ariane Seccia Boulanger développe ce point dans son livre Message d’une sage-femme pour une naissance libre1. Mais connaître les histoires familiales est une chose, réussir à s’en détacher et à ne pas se charger de tout ce vécu en est une […]

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