© Andréa Malterre – Motherwood into the Wild

Depuis la naissance de mon premier enfant, j’entends parler de cadre. Il faut cadrer un enfant, injonction universelle à laquelle tous les parents du monde doivent se soumettre au risque d’être taxés d’incompétents ou de négligents, comme s’il était impératif que l’enfant tienne sous verre comme une version photo de lui-même, silencieux, immobile, en un mot : sage. Mais que veut vraiment dire « poser un cadre » ?

 

Naïvement, je trouvais autrefois très incongru de vouloir imposer un « cadre », c’est-à-dire un « compartiment », qu’il soit physique ou immatériel, dans lequel mon enfant pourrait exister, l’excluant de fait du reste du monde. Comme le panier du chien dans le coin du salon, l’enfant ne serait alors toléré dans notre vie qu’à condition de se limiter à cet espace virtuel qu’on lui aurait défini.

À mon sens, il était limitant et même liberticide de restreindre mon enfant de la sorte. Comment mon bébé pourrait-il apprendre et grandir dans une boîte ? D’autant que, tant que ma fille était enfant unique, je n’avais aucune raison de ne pas être disponible pour l’accompagner dans ses découvertes et ses expériences, m’assurant de sa sécurité.

Car finalement, ce sont bien mes contraintes d’adulte qui m’ont poussée à mettre des contraintes à mes enfants.

Un cadre en perpétuelle évolution

J’ai entendu ce dicton il y a quelques années : « Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants. » Il m’interpelle toujours. Pourquoi la parentalité devrait-elle se vivre aux dépens de nos idéaux ? N’est-ce pas là la marque d’un grand manque de bienveillance envers soi-même ?

Si effectivement on peut partir avec l’idée qu’on couchera toujours, sans exception aucune, notre enfant à 19 heures 30, pour arriver finalement, en pratique, à une heure de coucher incertaine entre 20 heures et 21 heures 30, il n’en reste pas moins vrai qu’avant de fixer les règles de vie de notre famille, nous devons prendre en compte plusieurs paramètres.

Tout d’abord, les rythmes et besoins de chacun ne sont pas toujours les mêmes. Les enfants grandissent, leurs besoins sont amenés à changer avec le temps, mais aussi avec les événements de la journée, les surprises et les imprévus que l’on rencontre. Pour les parents, un changement dans la vie professionnelle ou des nouvelles perturbantes peuvent aussi faire bouger les habitudes.

Ensuite, le monde dans lequel nous évoluons va très vite et ce qui était compréhensible hier est impensable aujourd’hui. Ainsi, le principe du « mes enfants n’auront jamais d’écran », bien qu’il s’agisse toujours d’un choix éducatif qui appartient pleinement aux parents, est assez difficile à mettre en place quand il suffit de prendre le métro pour que nos enfants se retrouvent face à des panneaux publicitaires numériques avec des extraits des prochains films à […]

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Maman de 5 enfants, j'ai découvert Grandir Autrement plusieurs mois après la naissance de mon aînée, en 2011, par le biais d'une association nommée Pachamama (05). J'ai immédiatement trouvé formidable l'approche que le magazine faisait de la parentalité et toutes les précieuses informations sur le maternage que je pouvais y piocher. Grandir Autrement me donnait des pistes, des idées... m'ouvrait l'esprit! Sortir de mon carcan d'idées préconçues, hérité d'une éducation "classique" à la fessée, m'a pris un moment, un pas après l'autre. En prenant de la hauteur sur toutes ces choses, j'ai réalisé que cette aventure qu'est le "naître parent" se nourrit de partage, de rencontres, de doutes et de vérités qu'il faut chercher pour soi et par soi, avec son ressenti et sa sensibilité. Un cheminement sans fin, où parfois on fait marche arrière. Mon parcours est finalement très ordinaire. Mère au foyer dont les diplômes en sciences du langage et en FLE prennent la poussière, remplacés par les bavoirs et les bodies entre deux avions pour le bout du monde, proposer mon aide à Grandir Autrement m'a semblé aussi naturel qu'évident. Aujourd'hui, je m'occupe de loin en loin du blog de Grandir Autrement et je rédige quelques articles. La part du colibri, comme on dit!

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