© Victorine Meyers

Les notes à l’école sont souvent décriées, on les brandit telles un bouc émissaire qui serait le responsable de tous les maux que l’on reproche à l’école. Pourtant, nous vivons dans une société où il est de coutume d’évaluer la restitution des acquis, où les diplômes sont valorisés, où les professions intellectuelles ou scientifiques sont mieux valorisées et rémunérées. Les notes sont-elles néfastes ? Et dans ce cas, peut-on s’en passer ? Ou alors comment peut-on diminuer l’impact négatif de celles-ci sur nos enfants ?

À l’heure où j’écris cet article, les dernières épreuves du baccalauréat viennent d’avoir lieu. Comme chaque année, le bac est fortement médiatisé, ce sésame pour accéder à un cursus supérieur est un passage obligé pour nombre de nos enfants. La société valorise les diplômes, c’est un fait. Il est de bon ton d’avoir ses enfants dans une école d’ingénieur ou une école supérieure de commerce. Dès lors, pour obtenir ces diplômes, il faut bien évaluer les connaissances des candidats. Dans notre système scolaire, on commence à évaluer le travail et l’acquisition des connaissances de nos enfants dès l’entrée en maternelle. Certes, il ne s’agit à ce moment-là que de bonshommes souriants ou mécontents, des soleils, des images, mais ne nous y trompons pas ! En usant de ces notes ou appréciations, nous indiquons clairement aux enfants que nous jugeons leur travail avec la restitution de leurs acquis : très bien, moyen, bien, peut mieux faire, insuffisant… Comment ressent-on ces appréciations ? L’enfant a été récompensé de ses efforts, « Ah super, j’ai eu une bonne note, papa sera content ! », on peut se demander si c’est utile puisque c’est une motivation extrinsèque qui le conduit à obtenir les bonnes notes. Remarquons par ailleurs que cette évaluation juge sur un instant T la restitution de connaissances, en dehors de tout contexte. Est-ce réellement ce que nous voulons ? Que nos enfants décrochent des bonnes notes pour nous faire plaisir ? À l’inverse, l’enfant qui a reçu une mauvaise note va se sentir très mal, « ouille je vais être privé de sortie à coup sûr ! », et dans ce cas on punit parfois l’enfant pour ses mauvaises notes pour qu’il réagisse et fasse mieux la prochaine fois.

Effets délétères ?

Alfie Kohn a longuement étudié les effets délétères de ce système de notes sur les enfants. Il décrit largement la nocivité de tout système de carotte et bâton. « Il y a une grande différence entre un élève dont l’objectif est d’avoir une bonne note et l’élève dont l’objectif est de résoudre un problème ou de comprendre un concept. La recherche montre que lorsque les enfants sont concentrés sur l’objectif d’avoir de meilleures notes, trois choses ont tendance à se produire : ils perdent tout intérêt pour l’apprentissage lui-même, ils essaient d’éviter les travaux difficiles et ils ont tendance à réfléchir de façon plus superficielle et moins objective […]

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