© David Dräyer [CC BY-SA (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)]
« Une monnaie locale est une monnaie complémentaire de la monnaie officielle, l’euro. Toutes les monnaies locales sont adossées à la monnaie nationale », peut-on lire sur le site ministériel de l’Économie, des Finances, de l’Action et des Comptes publics. Depuis la crise de 2008, on a vu fleurir les monnaies locales complémentaires (MLC) partout en France. Voyons les raisons de cet engouement et leur fonctionnement sur notre territoire. Encadrées par la loi du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire, les monnaies locales complémentaires sont un moyen pour les citoyens de reprendre le pouvoir sur l’économie locale et de créer du lien social.

Pourquoi payer en monnaie locale ?

Il existe une soixantaine de monnaies locales en France et une quarantaine sont en projet. C’est l’Abeille à Villeneuve-sur-Lot qui est le précurseur de cette lutte contre la spéculation et les paradis fiscaux. Payer en MLC revient à troquer des euros contre un coupon qui correspond à une somme équivalente dans la monnaie locale chez les commerçants et les professionnels adhérents à l’organisme local. Cet engagement sert à redynamiser la vente de produits locaux, à encourager les services, les commerces et les banques éthiques, à favoriser des projets ayant une utilité sociale, écologique et culturelle (soutien aux associations locales et solidaires, par exemple) et à se réapproprier la monnaie et l’économie. La transition écologique entre largement en compte dans cette nouvelle philosophie économique, comme la Miel dans le libournais qui demande un engagement éco-citoyen à chacun de ses adhérents ou encore le Y’aca à Ayen qui s’engage dans le covoiturage. Payer avec des devises alternatives est un formidable outil d’éducation populaire qui associe les valeurs de solidarité, de lien social et de coopération dans un territoire restreint. « En France, on ne peut pas dire que les monnaies locales ont fait leurs preuves en termes d’impact en volume, mais on peut dire qu’il y a eu un vrai impact en ce qui concerne le lien social et la réappropriation. On sent qu’il y a maintenant un vrai enjeu, notamment concernant le développement durable », a affirmé Amandine Albizzati, directrice des relations institutionnelles de la coopérative de finance solidaire La Nef1. Dépenser son pécule en MLC avec la Gonette à Lyon ou le Buzuk dans le Pays de Morlaix, par exemple, est un moyen d’échange local et éthique, un acte citoyen actif pour participer à un projet collectif.

Comment payer en monnaie locale ?

Ce sont des associations, des coopérations ou des fondations régies par la loi 1901 qui peuvent émettre la monnaie locale et donc échanger les euros contre des coupons – souvent plus faciles d’usage pour y apposer des pastilles ou des tampons de validité que des pièces ou des billets. Chaque organisme est libre d’émettre sa monnaie sous forme papier ou sous forme numérique, comme le Rollon en Normandie qui fait le choix de la transition numérique à cent pour […]

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