© Delphine Hachez
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Les hommes sages-femmes sont rares. Si l’accès à la profession s’ouvre à eux en Belgique et en France au début des années 80, ils représentent aujourd’hui moins d’un pour cent de l’effectif total de la profession1 en Belgique, et à peine deux pour cent des sages-femmes actives en France2, alors qu’en gynécologie-obstétrique, on compte, en France, un peu plus de cinquante-six pour cent d’hommes3...C’est que depuis le 18e siècle, une subordination entre les obstétriciens et les sages-femmes existe : « Aux hommes l’exercice de compétences médicales et scientifiques via les interventions chirurgicales valorisantes et valorisées (césarienne, forceps), aux femmes le rôle d’accompagnement relatif à des compétences attachées aux qualités dites féminines4 ». La capacité d’empathie envers la femme enceinte reste aujourd’hui encore fortement perçue comme innée pour les femmes et difficile à acquérir, voire douteuse, chez les hommes.Sébastien Macors, père de deux enfants et compagnon de sage-femme, exerce en Espagne comme sage-femme libéral et sage-femme hospitalier. Une vocation qu’il ressent dès l’adolescence. Très actif dans la défense de l’accouchement physiologique, il a travaillé comme coopérant au Sahara occidental, à Haïti et au Nicaragua. Aujourd’hui, il souhaite fonder une maison de naissance publique5 mais se heurte à une vision encore patriarcale de la naissance. Pour lui, il existe encore trop de verticalité dans l’accompagnement des naissances : « La spécialisation des sages-femmes, c’est l’accouchement physiologique. Nous sommes formés pour répondre à la douleur et aux besoins du post-partum et notre outil, c’est la confiance : donner confiance aux mamans, aux couples, à la personne qui va accompagner la naissance. Et ça fonctionne ! Mais beaucoup de sages-femmes sont encore formées à assister les gynécologues, à gérer des péridurales… Si on a à cœur sa profession, on ne peut qu’aller vers la non-intervention, c’est tellement évident. Le futur des soins de santé, c’est la co-responsabilité. Au lieu de prendre la décision pour la patiente, on accompagne la prise de décision. Ça donne de très bons résultats car la personne qui accepte la responsabilité d’un acte le vit mieux ; et nous, professionnels, assumons la responsabilité d’identifier un souci, d’informer, de calibrer la prise de décision. À l’hôpital, trop souvent, c’est le gynécologue qui décide pour la femme, et beaucoup de sages-femmes sont encore formées sous ce modèle vertical, masculin, qui ne répond pas toujours aux besoins des femmes. En tant que sage-femme, on est amené à se connecter à cette partie féminine du “savoir prendre soin des autres”, en étant à l’écoute de ce qui est là et en donnant confiance. »Dans l’exercice de sa profession, Sébastien n’a jamais rencontré de problème lié à son genre, ce qui n’est pas le cas d’Alain Ghislain, l’un des deux premiers hommes sages-femmes de Belgique francophone, époux de sage-femme, père et grand-père.Alain est l’un des rares sages-femmes hommes de Belgique à pratiquer l’accouchement à domicile […]

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