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Parfois, le contact avec les grands-parents n’est pas possible. Décès, conflits, éloignement géographique, valeurs éducatives trop divergentes... La vie moderne et son idéalisation de la famille nucléaire ne facilitent pas toujours le lien intergénérationnel. Mais, par le fruit du hasard, ou de rencontres programmées, des « grands-parents de cœur » font parfois leur apparition dans la vie de nos enfants. Quand les grands-parents naturels ne sont pas présents dans la vie de nos enfants, nous pouvons ressentir un manque, comme un chaînon manquant dans notre lignée. Cette absence durant la périnatalité ou la parentalité peut traduire un besoin de transmission et de repères par rapport à nos ancêtres, au flot du temps et des générations. En devenant parents, notre place change dans notre lignée, nous ajoutons une branche gorgée de fruits à notre arbre généalogique, quel qu’il soit. Alors, pour nous, comme pour nos enfants, le besoin de transmission de cœur à cœur se fait sentir, silencieuse ou active, de savoir-être et de savoir-faire, de sagesse, d’amour...

Faut-il alors créer de nouveaux liens avec des anciens ?

Cette question peut soulever un sentiment de culpabilité et faire remonter une forme de loyauté inconsciente envers nos parents, qu’ils aient été bienveillants ou pas, qu’ils soient vivants ou non. Il est alors important de souligner que les grands-parents de cœur ne sont pas des grands-parents de substitution. En tant qu’adultes nous recherchons parfois la figure de l’aïeul.e. Ces grands-parents symboliques incarnent pour notre enfant intérieur l’archétype de la vieille ou du vieux, sages, patients et disponibles, à notre écoute. Enceinte de mon premier enfant, en plus des sages-femmes, j’ai eu le besoin de me tourner vers une femme sage, une figure maternelle d’âge avancé, grand-mère de nombreux petits-enfants. Auprès d’elle, je trouvais une oreille attentive et, surtout, je me sentais rassurée : je trouvais ma place dans l’enchaînement des générations. Le cours de la vie devenait palpable, entre elle, moi et mon ventre qui palpitait.

Le choix des enfants

Cette figure de l’aïeul.e, initiatrice ou réconfortante, les enfants la choisissent souvent eux-mêmes, comme si un attrait spontané entre les deux pôles de la vie créait la rencontre. Christelle, la maman d’Anaé, 5 ans, raconte : « Anaé a dans sa vie son grand-père paternel de 90 ans. L’an dernier pendant la canicule il est venu quelques jours à la maison. Cela a été formidable de le voir. Mon beau-père la câlinait, lui lisait des livres ; ils échangeaient beaucoup. Mais j’ai aussi des amis de 65 et 72 ans et Anaé a décidé elle-même que ce serait ses grands-parents de cœur. Ils ne se voient pas beaucoup mais échangent beaucoup sur les voyages. Ils ont une association en Birmanie, qui aide notamment les enfants d’une école. Sa mamie de cœur a proposé à Anaé que sa classe fasse des dessins pour les enfants pour leur voyage l’hiver dernier, et les enfants birmans ont fait de même. C’est chouette ! J’ai aussi une grand-tante qu’Anaé considère comme sa mina (grand-mère en […]

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