© Groovy Banana Photography
Nous avons tous en tête l’image et le son d’un enfant qui rit à gorge déployée, faisant fi du regard d’autrui. Un sourire naît d’abord sur son visage, il se fait de plus en plus grand, puis le rire fait suite, se déployant telle une fleur qui s’épanouit au soleil, pour éclater aux yeux et aux oreilles de tous. Quoi de plus beau que le rire de notre progéniture ? L’enfant a davantage de facilités que les adultes pour exprimer sa joie, et plus globalement, ses émotions fortes ; comment explique-t-on cela, au regard des connaissances que nous avons actuellement ? L’adulte influence-t-il cette capacité, et de quelle manière ? Qu’avons-nous à apprendre les uns des autres ? Dès la naissance, et même pendant la grossesse, l’enfant expérimente les émotions. Il les vit en premier lieu à travers ce que ressent sa mère, et ensuite, dès la naissance, par l’expression de ses propres émotions, ses mimiques, les variations dans sa voix. Mais il expérimente aussi ces sentiments en visualisant, en absorbant celles des personnes qui l’entourent. L’enfant est directement connecté à ce qui l’anime. Il ne tient pas compte des conventions sociales, il laisse éclater sa joie telle qu’elle se présente, de la façon la plus merveilleuse qui soit. Lorsqu’il est heureux, nous le voyons. Lorsqu’il est heureux, il rit fort, il court, il fait de grands gestes, il laisse cette joie éclater en mille paillettes colorées, car il ne sait, de toute façon, faire autrement. Même lorsqu’il est triste ou en colère, il saura revenir à cet enthousiasme, à cet état de joie aussi rapidement qu’il s’en est éloigné. L’enfant est connecté à lui-même et à ce qui l’entoure, à ses intuitions, à la beauté de la nature, à la douceur d’un sourire, à la puissance des cinq sens. Il sent, il ressent, il vit, il vibre. L’enfant n’est pas arrêté dans sa course par la raison ou par l’envie d’obtenir un résultat, il s’exprime, voilà tout. Comment pourrait-il garder cette émotion magnifique qu’est la joie en lui sans qu’elle ne le consume, que ferait-il d’elle, si elle restait en dedans ? L’enfant vit dans l’immédiateté, dans le moment présent, sans que rien ne vienne (normalement) annihiler cette propension.

L’expression de la joie influencée par les contraintes sociétales

En tant qu’adultes, nous percevons parfois ces éclats d’un mauvais œil. Pourquoi fait-il autant de bruit ? Pourquoi se donne-t-il « en spectacle » ? Force individus considèrent alors qu’il nous faut, en tant que grandes personnes, en tant que parents, lisser ces expressions « trop » fortes, les rendre « acceptables » aux yeux de la société. Un enfant qui exprime son bonheur de façon brute en plein milieu d’un endroit public, cela est mal vu, on peut même ressentir de la honte. Que va-t-on penser de moi ? Va-t-on dire que je suis un mauvais parent ? Ne serait-ce pas le reflet de ce que nous n’arrivons plus à vivre […]

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