Crédit Sophie Elusse

Depuis la tribune du journal Le Monde parue en mai1, alertant sur le danger des écrans, la question des conséquences de l'exposition de nos enfants aux écrans est plus que débattue. Entre les convictions personnelles, les inquiétudes réelles fondées sur des observations de terrain et les études scientifiques existantes sur le sujet, il y a parfois bien des écarts et il est difficile de s'y retrouver. Étant donné que les études scientifiques ont besoin de temps pour être réalisées et présentent donc un retard par rapport à la réalité, que peut-on dire aujourd'hui des effets des écrans sur la santé ?

Les études qui ont le plus de recul quant à l'impact des écrans sur la santé font référence à la télévision. L'Académie américaine de pédiatrie compte, par exemple, plus de 3500 études sur le seul sujet de la relation entre la violence des images et un comportement violent2. Dans le domaine de la santé, Michel Desmurget3, chercheur français spécialisé en neurosciences cognitives, précise les études en cours sur les liens entre usage des écrans et sommeil (lumière et sécrétion de mélatonine), obésité (mécanismes de satiété perturbés), tabagisme (socialement positif dans près de 70 % des films), alcoolisme, sexualité, représentation du corps (troubles alimentaires et rôles sociaux) et sédentarité. Pour ce chercheur, « trouver des vertus aux écrans permet d'étouffer les réticences parentales. L'approche consiste à hypertrophier la portée du moindre micro-élément favorable4 », d'où l'importance de prendre du recul par rapport aux données scientifiques qui nous sont communiquées.

Diminution des interactions et conséquences sur le développement du cerveau

La distinction entre exposition aux écrans passive (télévision) et exposition active (tablettes interactives) est, sur cette question, sans objet. Pour un bon développement cérébral, il est admis que plus une zone est sollicitée, plus elle va se développer. Afin que chacune des zones cérébrales grandisse harmonieusement, les cinq sens doivent être sollicités dans une exploration en trois dimensions. L'échange de regards a toute son importance, «seul l'humain est capable de remettre en sens ce que l'enfant est en train de faire5 ». Ainsi, quel que soit l'écran concerné, une surexposition à celui-ci a pour conséquence directe une diminution notable des interactions qui entraîne des retards de développement neuronal, du langage comme du lien. Des médecins de PMI, par la voix du Docteur Anne-Lise Ducanda, font état d'une corrélation entre le temps passé devant les écrans depuis le plus jeune âge et les troubles du comportement de type autistique comme les troubles de la communication et des relations sociales ou la stéréotypie. Ceux-ci cesseraient dès le mois suivant l'arrêt des écrans.

La question de la lumière émise par les écrans

Les écrans émettent des flashs lumineux qui sont faits pour capter notre attention et nous isolent des relations […]

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