Devenir parent nous chamboule et nous transforme. Parfois, on ne se reconnaît plus, on ne se comprend pas, et il en est de même avec la personne qui partage notre vie. Pourquoi ces réactions quand notre bébé pleure ? Pourquoi tout d’un coup cette colère pour un jouet mal rangé ? Nos émotions et celles de notre conjoint.e nous semblent soudain incompréhensibles, incongrues, mal placées, voire mauvaises. Notre réflexe va être de nous braquer, de condamner : en réalité, c’est là qu’il faut écouter.

Nous avons tous nos blessures d’enfant. Parfois, elles sont bien enfouies, et nous n’en avons pas conscience. Certaines sortent avant que nous ne devenions parents, et souvent, en ayant conscience de leur existence, nous faisons tout pour ne pas reproduire des schémas qui infligeraient la même blessure à nos enfants. Mais d’autres surgissent sans prévenir quand nous devenons parents. Nous sommes déroutés par nos réactions, et pouvons parfois les analyser avec de la distance : ils nous est en revanche plus difficile de comprendre celles de notre conjoint.e, car elles ne résonnent pas forcément en nous. Ou c’est tout le contraire : elles résonnent tellement en nous que nous les repoussons car elles nous invitent à faire face à des émotions auxquelles nous ne voulons pas nous confronter.

Être à l’écoute de soi, de l’autre et de l’enfant : une véritable épreuve

Quand on choisit d’accompagner son enfant de la manière la plus respectueuse possible, que l’on tente d’être à l’écoute de ses besoins et de ses émotions, on n’a parfois plus d’énergie disponible pour les émotions de la personne qui partage notre vie. Et quand on a plusieurs enfants, on a tout simplement l’impression d’être sollicité sans arrêt, voire d’être « pompé » par sa famille. Après toute une journée à vous occuper des enfants, à écouter leur frustration, leur colère, leur tristesse (ou pas, heureusement toutes les journées ne sont pas ainsi !) vous n’avez peut-être pas envie de voir votre conjoint.e perdre ses moyens devant votre petite dernière qui jette au sol son assiette de riz. Vous vous dites que vous, vous avez pris sur vous toute la journée, et que cette colère parentale fiche tout par terre. Vous trouvez ça injuste, vous avez de la rancœur voire de la colère envers lui ou elle, ou encore cela vous rend triste. Une fois les enfants couchés, vous n’aurez peut-être pas envie d’en rediscuter (et l’autre non plus) et vous passerez à quelque chose de plus positif, mais cela laisse en vous et entre vous des émotions qui n’ont pas été exprimées et qui ressortiront à un moment ou à un autre.

Ne pas attendre le moment de l’explosion

Ne nous y trompons pas : refouler une émotion n’est pas la supprimer. Toute émotion vient de quelque part, et tant qu’elle ne sera pas écoutée, elle reviendra toquer à la porte pour se manifester, d’une manière ou d’une […]

La suite de cet article est réservée aux abonné·e·s

Choisir une formule
d'abonnement
Je suis déjà
abonné·e

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp !
Saisir votre nom ici svp

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.