Crédit Coralie Jolivet
Avec une majorité de familles dans lesquelles les parents sont hyper-connectés, les enfants ont accès aux écrans et utilisent les technologies numériques de plus en plus tôt. Sans chercher à émettre un avis tranché sur les effets positifs ou, au contraire, les conséquences négatives d'une telle situation, tant les pratiques sont en constante évolution et le recul qui permettrait de les analyser encore insuffisant, nous allons tenter de donner quelques repères à ceux qui, comme nous, s'interrogent sur cette nouvelle tendance et réfléchissent au rôle que nous y tenons, nous, parents, premiers modèles et compagnons de vie de nos enfants.

La communication a connu un tournant décisif au vingt-et-unième siècle avec l'avènement du numérique, qui a représenté une révolution majeure dans notre manière d'être au monde et dans nos relations aux autres. L'évolution rapide d'outils comme Internet, la téléphonie mobile, les tablettes tactiles et les réseaux sociaux a transformé notre rapport aux écrans, à mesure que ceux-ci se sont multipliés dans les foyers. Les enfants, que leur curiosité naturelle et leur vivacité d'esprit rendent particulièrement prompts à s'initier aux nouvelles technologies, n'ont pas manqué de se les approprier, d'abord par imitation, puis par goût, développant de nouvelles compétences qui dépassent souvent celles de leurs parents.

On oppose régulièrement la culture de l'écrit à celle des écrans. On s'offusquera par exemple rarement du fait qu'un enfant lise beaucoup de livres ; en revanche, qu'il passe beaucoup de temps sur les écrans pose souvent problème. Si le rapport au texte et aux images mobilise en effet des dispositifs cognitifs et psychologiques différents (linéaires pour l'un, spatialisés pour l'autre), ces deux cultures ne sont pas pour autant opposées : en métissant textes et images, les technologies numériques permettent en réalité d'associer les modes de pensée qui leur sont propres à chacune.

Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Revenons d'abord sur le terme « numérique », dont l'usage, presque galvaudé aujourd'hui, nous fait parfois oublier son sens initial. « Numérique » vient du latin « numerus », qui signifie « nombre » ou « multitude ». La numérisation d'une information consiste à transformer cette information en données numériques, autrement dit en séquences de nombres, ce qui permet à tous les médias (écrit, image, son, etc.) de n'avoir qu'un seul et même support au lieu d'avoir un support d'enregistrement et de diffusion qui leur est propre à chacun, et à nous, face à nos écrans, d'avoir accès simultanément, ou en passant très facilement de l'un à l'autre sans avoir à changer de support, aux images, au texte, au son, etc. À l'adjectif « numérique » vient souvent se juxtaposer celui de « virtuel » ; ce sont pourtant deux notions différentes. « Virtuel » vient du latin « virtualis », « virtus », qui signifie « disposition à une activité ». Avant d'être numérique, le virtuel a donc une réalité psychique. Autrement dit, en préalable à toute relation (à un […]

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