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Les bienfaits de la lecture auprès des jeunes enfants ne sont plus à démontrer quant au développement de l’imaginaire, à l’acquisition d’un vocabulaire enrichi, et la complicité qu’elle implique entre l’enfant et l’adulte. Cependant, il n’est pas toujours évident de s’y plonger tel un poisson dans l’eau. Nos rapports à l’écrit peuvent être un frein, tout comme la lecture à voix haute, et le choix du livre est tout aussi important. Si les conseils des professionnels du livre sont un vrai plus dans la découverte d’un univers dont nous ne sommes pas tous familiers (et il y a tant de pépites à découvrir), le plus important est « d’entrer en lecture » avec un livre qui nous plaise, afin d’être à l’aise et de partager un moment de plaisir avec son enfant. Lire a été mon métier, durant de nombreuses années, en intervenant dans les structures petite enfance et notamment dans les salles d’attente des centres de PMI (Protection Maternelle et Infantile). Si ma présence pouvait paraître incongrue, je souhaitais que le livre se fonde le plus naturellement dans le décor, au même titre que les différents jeux mis à disposition des enfants. J’installais « l’espace lecture », m’adaptant à la fois à la configuration de la salle et aux demandes du personnel. Les livres étaient le plus souvent posés sur un tapis ou à même le sol, bien que cela ait parfois heurté la sensibilité des adultes qui « sacralisent » le livre. Je laissais les enfants venir ou non vers moi, libres d’emprunter un livre et de le reposer ailleurs qu’à l’endroit où ils l’avaient pris. Il n’était pas surprenant d’en retrouver dans le coin poupées, dînette, là où les enfants se « racontent » des histoires. Après quelques moments d’observation, de regards croisés, sourires et autres jeux de cache-cache, je pouvais me retrouver à jouer plutôt que lire. Détourner le sens premier du livre, en n’utilisant que sa structure physique et non plus narrative, permet à l’enfant de se l’approprier sans complexes. Il n’y a pas d’interruptions dans le jeu de l’enfant, lorsque le livre devient le tunnel du train avec lequel il joue. Les adultes ont souvent peur que les livres se déchirent, s’abîment, et ne laissent pas les jeunes enfants les manipuler. Or, c’est en touchant, en les mettant à la bouche (la voie d’exploration par excellence du nourrisson) que l’on se familiarise avec l’objet, puis avec ce qui fait sens, le récit et les images qui l’accompagnent. Les parents présents dans la salle ne s’autorisaient que rarement à faire  « le premier pas », les magazines mis à disposition par l’équipe des centres de consultation leur étant plus familiers. Certains pensaient même que je les vendais ! D’autres les feuilletaient machinalement, puis les reposaient. Dans un cas comme dans l’autre, ces interactions avec le livre, même fortuites, me permettaient d’échanger avec les parents autour de ma démarche, une approche ludique de la lecture. Puis je leur racontais un livre. Ils en étaient […]

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