© Jenny Balmefrézol
« Tout individu est inscrit avant même sa venue au monde dans ses groupes familiaux, sociaux et culturels. L’individu n’existe pas sans ses groupes originaires et ses institutions d’appartenance1 ». Dans le modèle social qui est le nôtre, famille et école sont les instances de socialisation primaire classiques qui modèlent l’être en être social, plus ou moins sociable. La massification de la scolarisation, encouragée dès 2 ans par les pouvoirs publics, et la légitimation de l’école comme lieu d’apprentissage des savoirs, savoir-être et savoir-faire, en fait une source d’influence majeure sur les parcours individuels mais aussi sur l’évolution de la société dans son ensemble. Comment s’opère la socialisation ? Notre modèle scolaire permet-il l’épanouissement de chaque enfant ?

La socialisation est le processus d’intériorisation par l’individu des normes, valeurs et manières d’être du groupe social auquel il appartient. La famille dote l’enfant d’un certain « capital culturel » et la scolarité complète sa socialisation par l’influence des pairs, des professeurs, de tous les acteurs en jeu (animateurs.trices, personnel de nettoyage, direction, etc.) et de l’environnement dans lequel l’apprentissage a lieu2. Pour Émile Durkheim, père de la sociologie moderne, si l’école est garante de l’ordre social par l’homogénéisation des comportements individuels, elle prépare aussi à la division du travail en orientant les élèves vers des formations qui assureront leur fonction productive dans la société3. On note des disparités importantes dans l’Union Européenne quant à l’âge et au degré auquel cette spécialisation s’opère4.

Assurer cohésion sociale et économique est à la source de l’enseignement obligatoire et institutionnalisé. Annick Percheron, sociologue, parle de destruction créatrice : « l’individu socialisé transforme son comportement pour satisfaire les attentes de la société5 ». Les travaux de Georges H. Mead apportent une nuance positive. Selon lui, l’enfant copie dans un premier temps ses proches « puis il interprète librement les rôles qu’il souhaite, en se confrontant aux règles de comportements imposées par la communauté. Ainsi, dans un même contexte social, plusieurs enfants n’auront pas le même comportement, car leur personnalité les conduira à accepter plus ou moins les règles communautaires, celles-ci en retour n’ayant pas façonné à l’identique les personnalités individuelles6 ».

Le défi de la mixité

Les sociologues Pierre Bourdieu et plus récemment Camille Peugny, l’ont montré : l’école reproduit les inégalités et échoue dans son rôle d’ascenseur social ; l’accès aux diplômes reste lié à l’origine sociale et ce fait tend à se renforcer7. En cause : la valorisation d’un certain type de capital culturel, distinct de celui dont disposent les familles populaires. Christine Passerieux, conseillère pédagogique, explique : « Les codes, les valeurs, le langage de l'institution scolaire ne recouvrent pas nécessairement ceux de la […]

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Maman de deux enfants nés en 2011 et 2014, j’ai cheminé dès ma première grossesse vers une maternité plus verte et plus douce. J'étais déjà engagée dans une voie d'écologie intérieure et extérieure, mais la maternité m'a poussée plus en avant encore à remettre en question mes choix de vie et mes conditionnements. J'ai eu la chance de découvrir Grandir Autrement dès ma première grossesse. Mon fils est né dans la « salle nature » d’une maternité bruxelloise et ma fille à la maison. Je les ai allaités longtemps. Leur père et moi avons découvert avec joie l’univers du portage et de l'hygiène naturelle infantile. Nous avons signé avec nos bébés : quelle joie de communiquer avec eux si petits ! Suite aux allergies de mon fils, nourrison, nous sommes devenus vegan (j'étais végétarienne depuis 1999). Après quelques années d'unschooling nous avons co-créer des projets “d’écoles sauvages” avec d'autres familes, inspirées par Summerhill et les « forest-schools ». Je connais l’épuisement maternel pour y avoir plongé à plusieurs reprises, et j’ai appris au fil des ans, à lâcher mon idéal de mère parfaite et rechercher un équilibre femme/mère qui m’épanouie. Je fais de mon mieux pour ne pas reproduire la violence éducative ordinaire reçue, perçue, hier et aujourd’hui. L'écriture d'un blog a accompagné mes questionnements de maman dès le début, pour prendre du recul et partager mes apprentissages. Jécris pour Grandir Autrement depuis le n°59 et collabore comme photographe depuis le n°53. Je suis rédactrice mais aussi masseuse, énergéticienne, facilitatrice d’espace dansés, photographe, bloggeuse et auteure d’un livre pour enfant : Charlie et le petit frère, auto-édité. J’aime jongler avec mes habilités. Dans les épisodes précédents de ma vie, j’ai étudié les sciences économiques et la politique internationale. Je suis heureuse d’œuvrer tel un colibri pour une nouvelle culture, guidée par l’amour et le respect de soi, des autres et de tout ce qui nous entoure.

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